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Festival d'Avignon

1 avril 2006 6 01 /04 /avril /2006 14:14
COURIR DANS LE TEMPS

Le Théâtre Toursky, l’une des scènes importantes de Marseille, dirigée par le metteur en scène, auteur et acteur Richard Martin, programme le Festival Russe jusqu'au 2 avril.

L’art russe contemporain est illustré par des mises en scène, des films, des cabarets... Cette 11e édition a été inaugurée par la projection du film culte L’Arbre de Djamal, réalisé en 1980 par Khodjakouli Narliev. Le marionnettiste Andreï Dennikov a présenté du 17 au 19 mars sa version fantastique des Ames mortes de Nikolaï Gogol. Du 24 au 26 mars, le Théâtre dramatique de Moscou - Armen Djigarkhanian a été accueilli avec Les Trois sœurs d’Anton Tchekhov, dans une mise en scène de Iouri Klepikov et Vladimir Iatchmenev.

Un homme saoul casse la pendule de la mère morte. Irina crie qu’elle veut aller à Moscou, qu’elle n’en peut plus d’attendre, parce que le temps passe même s’il fait semblant de s’arrêter. Les personnages entrent et sortent d’une fête éternelle sur une île éloignée de tout. Les militaires et les employés de l’éducation chantent, dansent, crient. Chaque personnage parle de son utopie, puis boit de la vodka et recommence à jouer avec les autres. Les instants de fête remplacent d’autres instants de fête. Quelques changements s’insinuent dans le quotidien, on entend parler de guerre, un duel, puis on tombe d’amour ou de désamour, puis on recommence à jouer aux cartes, à remplacer un instant par un autre. Irina crie et ses sœurs, Macha et Olga, doivent la tenir dans leurs bras, la caresser, patientes.

La mise en scène est en apparence très classique. Le décor est sans surprise - mobilier et costumes de la campagne russe du début du XXième siècle - et la construction des personnages est réaliste. Mais le travail corporel est riche, le rythme effréné. Hommes et femmes apparaissent et disparaissent, dialoguent entre eux ou parlent au public. Klepikov et Iatchmenev créent un concert de voix et de corps. Une voix change de ton et d’intensité, en remplace aussitôt une autre, et les corps se déforment, grotesques, puis redeviennent sérieux. Le spectateur n’a pas le temps de réfléchir, il est capturé par cette musique de corps et voix, réalité et rêverie en même temps, par des actions comiques devenant tragiques.

Les comédiens sont ainsi des personnages aux multiples identités : ils deviennent par moments des enfants, ou des objets indifférents à la vie, ils crient leurs passions ou les répriment en se cachant. Puis ils continuent à s’espionner. Le travail corporel des comédiens souligne un état d’emprisonnement, les corps se bouffissent ou pâlissent, continuent à changer d’apparence sans réussir à sortir du temps, figés dans leur vie présente.

Mattia SCARPULLA (Marseille)

Les Trois Sœurs d’Anton Tchekhov, mis en scène par Iouri Klepikov et Vladimir Iatchmenev, a été présenté du 24 au 26 mars au Théâtre Toursky, Marseille information : 0 820 300 033 – 04 91 64 15 17
Dernier spectacle du festival : Du 31 mars au 2 avril, La Putain américaine, mise en scène Alexandre Slavoutski, Théâtre dramatique académique russe de Katchalkov – Kazan

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Published by Mattia SCARPULLA - dans Chroniques 2005-06
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