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Festival d'Avignon

3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 14:42
UN FAUTEUIL POUR TROIS

Joué et mis en scène avec force précision et conviction, Fauteuil 24 emmène les spectateurs au cœur des fables de La Fontaine. On sort ravi de cette pièce à la fois désuète et étonnamment fraîche.

Les premières sensations de ce Fauteuil 24 sont auditives. Un air de violoncelle est joué en direct par Ingrid Schoenlaub qui, avec Anthony Roullier, forme le duo d’acteurs en charge de faire revivre quelques fables de La Fontaine. Après la douce musique du violoncelle vient celle de l’acteur qui joue son texte. Cette musique là peut écorcher parfois les oreilles ou agacer, ou être incompréhensible, mais pas ici. Ingrid Schoenlaub et Anthony Rouiller, en plus de posséder une diction parfaite, ont des voix angéliques qui semblent venir d’un autre temps. Fidèle aux textes de La Fontaine, cette adaptation tient aussi compte de leur contexte de création et de leur tonalité. La pièce a un petit air suranné qui surprend au départ, mais devient franchement agréable ensuite car les comédiens jouent avec une conviction qui envoie directement les spectateurs au XVIIe siècle.



Fauteuil 24, soit le numéro de fauteuil attribué à La Fontaine lors de son entrée à l’Académie Française, débute par la fable L’Homme et son image, une façon comme une autre d’affirmer le pouvoir de la littérature qui montre le vrai visage de l’homme… et de la femme car dans Fauteuil 24, c’est essentiellement d’amour dont il s’agit. Paons, chats, pigeons et lions se succèdent mettant au jour les grands travers des humains dans l’art d’aimer. Le style de La Fontaine est agréable à l’ouïe, les rimes sont bondissantes, les vers vifs et les répliques piquantes. Quand la plume se fait plus acérée, la naïveté du ton employé  renforce par contraste la dureté du propos. Tout cela mis dans la bouche des deux comédiens devient une symphonie de l’amour et le violoncelle, puissant et délicat, élargit l'horizon de la petite salle de l’Aktéon.

De cordes et de bois

Sous la baguette agile et précise de Marie Tikova, metteur en scène, Ingrid Schoenlaub et Anthony Rouiller changent de peau comme de chemise. Ils sont Les Deux Pigeons, Le Lion amoureux, Les Deux Coqs à eux seuls, ou presque, car la musique et son instrument occupent l'espace scénique à la façon d'un comédien en bois et en cordes. Aussi modulable que les fauteuils noirs qui servent d’unique décor, la mise en scène de Fauteuil 24 épouse à la perfection le caractère polymorphe de l’œuvre de La Fontaine
Un jeu sur la connivence se met progressivement en place. Connivence entre le narrateur et les spectateurs puisque l’un révèle les travers de l’autre, mais aussi entre les spectateurs et les acteurs qui s’amusent véritablement à rejouer les fables. D’où cette impression parfois de voir des comédiens qui surjouent : c’est que la fable s’approche parfois de la farce, une impression tempérée par la délicatesse de la mise en scène, qui ne pousse jamais à la moquerie mais au « rire avec ». De rires, certes, il y en a peu, mais des sourires, beaucoup. Et comme aurait pu dire La Fontaine s'il n'avait pas été un génie, mieux vaut un sourire intelligent qu'un rire bête.

Morgan LE MOULLAC (Paris)

Fauteuil 24
D'après La Fontaine
Compagnie feux de la rampe
Du 20 Septembre 2008 au 4 Janvier 2009
Les samedis et dimanches à 18h00
Théâtre Aktéon, 11 rue du Général Blaise, Paris 11e
Mise en scène de Marie Tikova
Scénographie de Claude Chestier
Costumes de Barbara Van Dyk
Lumières de Nicolas Prosper
Avec Ingrid Schoenlaub et Anthony Roullier

Photo DR

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Published by Morgan LE MOULLAC - dans À Paris 2008-09
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