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Festival d'Avignon

3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 14:55
UN PETIT AIR DE MOUJIK RUSSE

Le Théâtre Sylvia Montfort abrite durant quelques semaines le chef d’œuvre de Tchekhov scrupuleusement respecté dans une mise en scène classique laissant la part belle à une équipe artistique remarquablement homogène. L’occasion de revoir un classique aussi russe qu’universel, aussi intemporel que contemporain.

Oeuvre crépusculaire à plus d’un titre, « La Cerisaie », qui fut présentée et triompha quelques mois avant la mort de Tchekhov en 1904, met en scène le dépérissement d’une demeure familiale. Pièce qui coûta souffrance et labeur à son auteur qui se savait condamné, elle n’en demeure pas moins d’une joyeuse désespérance et d’un optimisme désenchanté. Très russe en somme… A l’image de ce peuple capable au détour d’une même réplique de passé du désespoir le plus abyssal à la liesse la plus débridée.
Lioubov et Leonid, propriétaires de la cerisaie, sont ruinés. Doux rêveurs, ils y reviennent après un voyage à Paris et retrouvent toute la famille, les serviteurs, les amis. La maison est en vente mais personne n’en a cure. On préfère danser, chanter, jouer au billard plutôt que d’entreprendre la moindre démarche, forcément fastidieuse pour ces êtres vivant dans une bulle, et pas seulement de champagne, pour sauver ce lieu pourtant adoré. Lopakhine finira par la racheter, devenant propriétaire de ce lieu où ses parents et grands parents étaient esclaves et n’avaient « même pas accès à la cuisine ».



Tchekhov comme on l’aime

Ils ne sont pas moins de dix-sept comédiens à défendre ce texte que la traduction d’André Markowicz (auquel on doit une remarquable retraduction de tout Dostoïevski) rehausse d’une pointe de contemporanéité. Les costumes très ancrés dans cette fin de 19ème siècle tout comme ce décor d’une datcha russe impriment un contrepoint à la fulgurante modernité du propos pour offrir un peu plus de deux heures d’un spectacle élégant où la mise en scène se met totalement au service du texte. Peu d’artifice, aucune emphase démonstrative d’effets qui nuirait gravement à cette petite musique tchékhovienne faite de rires et de larmes, d’accès de tristesse aussi fulgurante que les phases de joie festive.



Car c’est ainsi qu’on aime Tchekhov. Dans les outrances dont il charge ses mots ou la tension dramatique du non-dit qu’induit chaque silence. Dans la musicalité de son phrasé que souligne avec élégance un mini-orchestre en direct (violon, violoncelle, clarinette), jolie trouvaille de mise en scène. Cette magie de l’indicible, cette impression qu’il ne se passe jamais rien chez lui alors qu’il nous mène où il veut dans des histoires d’un étourdissant charme bucolique (Tchekhov adorait la nature), elles occupent la scène de ce beau théâtre durant deux heures qui passe à la vitesse d’une troïka dans la taïga. Molodets !!! (1)

(1)    Bravo en russe

Franck BORTELLE (Paris)

La Cerisaie
d’Anton Tchekhov
Traduction : André Markowicz et Françoise Morvan
Mise en scène : Jean-Louis Martin-Barba assisté de Lucrèce Carmignac et Guillaume Tarbouriech
Avec Emilie Cazenave, Fiona Chauvin, Amaury de Crayencour (en alternance), Chantal Déruaz, Sol Espeche, Jean-Pierre Gesbert, Bernard Jousset, Carole Malinaud, Yoann Parize, Charlotte Petitat, Eric Peuvrel, Jonathan Salmon, (en alternance) Benoît Seguin, Patrick Simon, Guillaume Tarbouriech, Benjamin Tholozan,  Hervé Van der Meulen et les musiciens du Conservatoire à rayonnement régional de Boulogne-Billancourt : Florence Dubois, au violon  - Simon Kaca, à la clarinette  - Ivan Koulikov, au violoncelle
Direction musicale : Jean-Pierre Gesbert 
Chorégraphie : Jean-Marc Hoolbecq 
Décor Claude : Lemaire
Costumes : Donate Marchand assistée de Bruno Marchini et Isabelle Mathieu-Hugot
Lumière : Cyril Hamès
Maquillage : Audrey Millon
Réalisation et conception magie : Julien Plegat
Durée : 2h15
Théâtre Silvia Montfort, 106 rue Briançon, 75015 Paris (Métro : Porte de Vanves)
Locations : 01 56 08 33 88 ou www.theatresilviamontfort.com
Du 17 septembre au 2 novembre 2008, les mardis, vendredis et samedis à 20h30, mercredis et jeudis à 19 heures, dimanches à 16 heures. Représentations surtitrées en français pour les publics sourds et malentendants les 2, 5, 7, 22 et 24 octobre.

Photo © Philippe Guerillot


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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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