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Festival d'Avignon

3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 15:00
ENTRE CHATILIEZ ET GUEDIGUIAN

Affrontements titanesques entre deux couples invités par leurs enfants respectifs qui veulent leur annoncer leur mariage. Les passions s’exacerbent, les passés resurgissent. Règlement de compte à Family Land pour un spectacle inégal mais que rehausse une bonne dose d’humour.

Quand deux êtres s’aiment d’une passion sincère et coulent un bonheur parfait, qui peut bien venir jouer les trouble-fête ? Les beaux-parents, pardi ! Voici donc Toni et Mathilde qui, pour légitimer leur union aux yeux de leur géniteurs, les invitent à passer le week-end dans leur nouvelle maison. Trois couples que tout oppose : âge, origines sociale et géographique, conception et expérience de la vie. L’occasion de laver son linge sale est trop belle et personne ne va résister. Et en mettant un programme long, tant qu’à faire…



A mi-chemin entre Chatiliez et Guédiguian, ce crêpage de chignons familial se veut avant tout une comédie. Or, quoi de plus évident pour faire rire que les ingrédients bien connus de la différence de classe (bourges du 6ème arrondissement contre gentils benêts ouvriers de la province), d’accents (Paris contre Marseille : pire qu’un match de foot !) que l’on secoue généreusement tout en saupoudrant l’ensemble de quelques répliques bien pimentées ? Faire remonter quelques remugles d’un passé qu’on voudrait enfoui six cents pieds sous terre peut aussi faire son petit effet. Le fille ex-toxico et le fils ancien adepte de l’échangisme, ça vous gratine un propos comme pas deux !

Une certaine inégalité

Etonnamment, ce qui ferait la grande réussite de cette pièce en fixe aussi ses limites en la bridant quelque peu. La louable intention de vouloir surtout faire rire se dilue parfois dans un contrepoint mélo fadasse et peu crédible, tout comme on finit par ne plus espérer le petit truc en plus qui ancre le propos dans un humour vachard propre à ce genre de conflit. Sans attendre bien sûr un cynisme à la Mauriac, on peut regretter que ne soit pas plus souvent titillée la corde du sarcasme. Ainsi l’anecdotique le plus délicieux (la meilleure note obtenue par la fille lorsqu’elle était en 6ème ou l’allusion à la drogue par la coincée de service) côtoie-t-il l’étalage du bon sentiment bien sirupeux, avec notamment un final dégoulinant de mièvrerie digne des pires mélos hollywoodiens.



L’interprétation suit aussi cette irrégularité. Si les quatre parents réussissent un sans faute dans leur registre, on sent un fléchissement pour les deux plus jeunes, assez gauches dans leurs déplacements et ne posant pas toujours leur voix avec cette assurance qui leur permettrait de jouer les empotés face à leurs quatre parents. Ce bémol rend ce spectacle un peu bancal même si on passe un agréable moment entre tchatche provençale et vitupérations parisiennes mais qu’on aurait souhaitées plus mordantes encore.

Franck BORTELLE (Paris)

Belle(s) Famille(s)

D’Alain Cauchi
Mise en scène : Eric Civanyan assisté de Véronique Viel
Avec Isabelle Caubère, Alain Cauchi, Félicien Delon, Thierry Heckendorn, Mélodie Orru, Annick Roux
Décor : Thierry Benoist
Musique : François Peyrony
Costumes : Delphine Hayat
Comédie Bastille, 5 rue Nicolas Apert, 75011 Paris (Métro Richard Lenoir)
Réservations : 01 48 07 52 07 (www.comedie-bastille.com)

Photo DR

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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