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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 14:22
PAROLE DÉMUSELÉE

Ca commence comme une situation banale, échange crispé de deux soeurs comme de deux comédiennes qui peinent à trouver leurs marques. Mais les muses inspirent progressivement les profanes attentifs que nous sommes avec leur histoire familiale pas si insolite et pourtant décalée et attachante.

Première pièce d’un triptyque autour de la famille, Les Muses orphelines explore l’absence d’une mère ; une figure d’étude choyée par Michel Bouchard qui en fait l’épicentre de ses deux autres volets, Les Papillons de nuit et Les grandes chaleurs. L’auteur québécois a séduit la jeune metteur en scène Carole Faisant, désireuse de développer son théâtre autour de la francophonie et de donner un réel écho à la culture québécoise.

Un père mort à la guerre, une mère absente, des orphelins qui se retrouvent pour soi-disant fermer la tombe d’un frère précocement enterré… voici le décor posé. Premier sourire esquissé à l’annonce de la fausse mort du frère, prétexte qui permet à la cadette, Isabelle, de réunir ses frères et soeurs et de rouvrir, malgré elle, une histoire familiale lourde de secrets et de non-dits. La naïve Isabelle, par son drolatique mais macabre mensonge, endosse sans le savoir le premier rôle d’une comédie familiale qui se joue depuis plus de vingt ans. En parfaits acteurs, Luc, Martine et Catherine se sont employés à dissimuler à la plus jeune, l’abandon de leur mère, sous le maquillage de la mort. L’heure est à la révélation familiale, boîte de Pandore malencontreusement ouverte qui bouleverse les rapports fraternels et ressuscite pour un temps la figure maternelle dans l’esprit de quatre muses orphelines.



Truculente fratrie

Epuré et sobre, l’espace scénique réussit à suggérer, à connoter sans imposer, avec pour seul décor quelques cubes remplis de sable, matière malléable à l’image d’un passé familial que chaque orphelin façonne et marque de son empreinte. Plus que le sujet, ce sont bien les personnages qui nous touchent, mais on ne larmoie pas, on ne s'apitoie pas et la mise en scène elle-même ne nous y invite pas. Le regard se focalise sur ces caractères torturés, de l’aînée rigide au fils travesti, de la lesbienne militaire à la surnommée “petite mongole”, tous, muse à leur façon, pour chanter, conter, célébrer et incarner cette mère absente. A coups de mesquines facéties et de grandes déclarations, chacun joue et se joue des autres. Et rien de tel que le “parler québécois”, son vocabulaire et sa fraîcheur pour ajouter au pittoresque de cette famille.

Le charme opère, les personnages sont attachants mais l’ensemble reste timide, prudent, trop contrôlé ; le langage corporel et émotionnel recherché par la metteur en scène “pour rendre compte avec évidence du sens du texte” reste timide face au puissant langage vocal. Les corps des comédiens ne disent pas encore assez et l’on regrette cette retenue, car on sent qu’il en manque peu pour que le jeu se débride totalement, que le formel se délie et que le particularisme de ces rôles se libère. Si la pièce parvient à cette fluidité, rien ne nous empêchera plus d’apprécier pleinement cette belle proposition théâtrale, où, pour l’instant, l’attention se dissipe encore par moment.

Anne CARRON (Lyon)


Les muses orphelines, de Michel Marc Bouchard
Mise en scène de Carole Faisant
Compagnie Maudits Maringoins  
Avec Emeline Marcour, Candice Tissier, Julien Thérésette, Emmanuelle Miguet
Du 24 septembre au 5 octobre 2008 au Théâtre de l’Intervalle,
21 rue Royale – 69001 Lyon
Tél : 04 78 76 11 96

Photo © DR

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Published by Anne CARRON - dans En Région 2008-09
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