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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 14:32
VIVA LA VIDA !

Un an après « La Motte Beuvron blues », Soizic Fonjallaz explore l’étrangeté du destin dans « L’enfant bouton d’or », sous-titré à raison « conte cruel ». Dans une boucle de la vie, allant de la naissance à la maternité, poésie et maléfices se côtoient dans un déferlement d’inventivité « cartoonesque » que campent des comédiens impeccables. Que d’espoirs dans cette folle jeunesse !

Un rideau de théâtre bigarré s’anime grâce à des têtes qui font irruption de partout. Femmes maquillées, hommes sans le moindre fard. Ouverture du rideau. Apparaît un décor de sacs poubelle pleins à craquer, de couvercles, de lierre grimpant le long d’un mur. Drôle d’univers pour assister à un conte théâtral…
Des oxymores scéniques, il y en aura pléthore, faisant tanguer le propos de Charybde en Scylla. L’enfant Bouton d’Or est né. Ne chantons pas trop vite son avènement. Il est le nouveau-né d’une mère qui vient de perdre son premier gosse. Là-dessus, une chatte à sept vies, vindicative d’avoir été castrée, fait son entrée maléfique. Puis un sort est jeté sur l’enfant qui sera toute sa vie durant sujette à la maladie. La Maladie ne peut pas jouer, c’est sa petite sœur de misère, la Nausée, qui prend la relève. Cahin-caha, la petite fille va grandir, devenir mère à son tour…



Une ode à la Vie

La ligne narrative de ce spectacle peut dérouter. Les personnages, tordus à force d’être complexes, prennent vie dans un univers entre réalité et fiction. Difficile de se positionner. Difficile mais surtout inutile. Les niveaux de lecture sont multiples, à chacun de trouver le sien. Car de quoi parle vraiment cette histoire ? Fin d’un amour ? Magie d’un chat qui parle ? Mémoire du monde ? Choses qu’on voudrait oublier ? Erreurs des parents ou plutôt leurs réussites ? Rage ? Violence ? Justice ? Probablement un peu de tout cela puisqu’il est question de parler de la Vie, tout simplement. Sauf qu’ici, elle ne coule pas comme un fleuve tranquille…



Pour mettre en scène cette ode à l’existence, Soizic Fonjallaz n’a pas lésiné sur les effets. Bouillonnante d’idées, elle nous emmène dans un tourbillon assez magistralement orchestré de danses, de chants, de musiques du lever de rideau à la scène finale sur laquelle il serait dommage de lever le voile… Les numéros parfois très physiques s’enchaînent avec une élégance féline (magnifique Ludivine Seillon dans le rôle du chat Mirabelle) ou une drôlerie irrésistible (le monologue du coussin : un must absolu !). Comme une bagarre qui se termine en tango, ce spectacle oscille sans cesse d’un univers à son opposé dans une ambiance assez frappadingue que créent devant nous des comédiens qui maîtrisent leur rôle à la perfection (mention spéciale à l’élément féminin, Anne-Lise Roland vue récemment dans « Annabelle et Zina » et Soizic Fonjallaz, également sur la scène dans le rôle-titre). Cette folle jeunesse, fine fleur du théâtre d’aujourd’hui et de demain, dans ses exigences et sa soif de jouer, n’a pas fini de nous surprendre…

Franck BORTELLE (Paris)

L'Enfant Bouton d'Or, conte cruel"
Ecrit et mis en scène par Soizic Fonjallaz
Avec Jean-Christophe Bezaud, Frédéric Debailleul, Soizic Fonjallaz, Anne-Lise Roland, Fabrice Riou, Ludivine Veillon

Musique originale de Benjamin Fonjallaz
Aktéon Théâtre, 11, rue de Général Blaise, 75011 Paris
www.akteon.fr
Réservations : 01 43 38 74 62
Du 17 septembre au 4 octobre
Du mercredi au samedi, 21h30
Durée : 1h10
 

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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