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Festival d'Avignon

7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 09:27
LET IT SNOW! LET IT SNOW! LET IT SNOW!

Effet boule de neige. Slawa, clown russe, cofondateur du Cirque du Soleil, débarque à Madrid avec le Slava’s Snowshow, succès international, joué à guichets fermés dans les cent dernières villes visitées.

Petite résistance en passant le seuil du Teatro Nuevo Apolo de Madrid… Le spectacle arbore fièrement ses 2, 5 millions de spectateurs, ainsi que les 30 pays traversés par la tournée. Tout annonce la superproduction : affiches grandioses et grandiloquentes, masse de confettis jonchant le sol, qui rappelle que les représentations à la chaîne ne permettent pas au personnel du théâtre de préparer la salle pour le second public. Intenses lumières colorées, musique poussée au maximum des enceintes. On se croirait à Broadway, où le show a d’ailleurs fait fureur. Assurément, Slava a gardé du Cirque du Soleil le goût de la démesure et du spectaculaire ; on pressent que ce ne seront pas nos plus nobles instincts qui vont être sollicités...Et pourtant, on se laisse séduire. Immédiatement. Certes, le clown jaune, engoncé dans son costume trop large, gêné par ses énormes godillots rouges, grimé comme un auguste, ne laisse aucune place à la surprise. Il ressemble trop aux clowns qu’on a vus et revus des milliers de fois. Mais il est accompagné. Par des êtres verts. Longilignes. Etranges. Des pitres au nez rouge eux aussi. L’alchimie s’opère.       



Une avalanche d’enfance

Grâce à la force du mime tout d’abord. Slava reconnaît deux influences cinématographiques majeures : The Kid et Les Enfants du Paradis. Il a gardé de ces références la poésie du corps, y ajoutant la magie de la couleur et la poésie de l’absurde. Le Slava’s Snowshow est avant tout un spectacle visuel. Et musical. Il est décousu, mais l’on s’amuse. Il pleut dans la salle, il neige, il vente. On a les yeux levés au ciel, pour voir tomber des flocons de papier, faire passer une toile d’araignée géante. Certes, on pourrait regretter l’absence de trame narrative ou d’authenticité. On est loin de la recherche personnelle du clown intérieur. Tous les personnages sont interchangeables, ou presque. Mais le public joue et retombe en enfance. Faut-il vraiment chercher une justification philosophique, anti-beckettienne, comme celle qu’avance Slawa : « J’adore Beckett, mais je ne me reconnais pas dans sa philosophie, qui est celle de l’impasse. Ma philosophie est celle de la joie et du bonheur, même si la tragédie reste un élément crucial. Un grand nombre de mes spectacles sont en réalité conçus pour aller à l’encontre de Beckett » ? Ethique et métaphysique, comme celle qu’avance l’impresario Gwenael Alla : « Slava et ses clowns verts évoquent en fait […] des archétypes, comme l’amour, la douleur et la mort » ? En fait, la force du spectacle tient simplement en sa capacité à faire jouer les spectateurs. Ils redeviennent des enfants. Comme à la fin de la représentation, où c’est le public qui fait le pitre, avec ces ballons multicolores tombés du ciel, sous l’œil amusé… des clowns. 

Alexandra VON BOMHARD (Madrid)
 

Slava’s Snowshow, mise en scène Slava Polunin.
Production: David J Foster and Ross Mollison
Photo©DR
http://www.snowshowusa.com/main.html

Teatro Nuevo Apolo, du 30 septembre au 12 octobre 2008
Plaza Tirso de Molina, 1
28012 Madrid.
Tel: 91 369 0637.

Ventes au guichet : du mardi au dimanche (11h30 à 13h30; 17h à 20h)
Ou  sur www.telentrada.com



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Published by Alexandra VON BOMHARD - dans En Europe 2008-09
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