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Festival d'Avignon

7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 18:05
UN ONE-PREHISTORIC-MAN SHOW !

Sous cet étrange titre aux airs d’anthropophagie parricide se cache un numéro d’acteur génial, véritable homme orchestre d’un spectacle à la fois complètement loufoque et un tantinet pédagogique. Les lianes du temps nous ramènent à nos origines dans un déferlement de sagaces vérités bien contemporaines.

Et si les conférences, peuplées de ces gens gonflés de leur importance, proposaient un peu d’empirisme au lieu de leur habituel didactisme empesé et lénifiant ?



C’est un peu sur cette idée pertinente à force d’être saugrenue que Damien Ricour alias Ernest Grassentroope nous propose de faire un gigantesque bond en arrière, à l’époque où nos ancêtres commençaient tout juste à descendre de l’arbre. Pour ce faire, en émérite professeur spécialiste du paléolithique, il va peupler son cours sur l’évolution de l’espèce humaine d’une galerie de personnages d’époque. Le père, Edouard, grand évolutionniste devant l’éternel, empirique jusqu’à la démesure. L’œuvre de sa vie : dompter cet étrange truc brûlant qui sort de certaines montagnes et dont il sent qu’on peut en tirer quelque chose de révolutionnaire. Descendu de sa branche sans l’intention d’y retourner, il contemple néanmoins son arbre avec attention. Son arbre généalogique, bien sûr… Son fils, Ernest, a des affinités clairement affichées pour l’art et dessine la grotte familiale. Le père, moyennement esthète, lui ordonne d’aller plutôt se trouver une femme. Enfin, l’Oncle Vania, trouble fête à la démarche simiesque, cherche à tout prix à convaincre Edouard de rester « à sa place », balourd aux bras ballants…



Drôle et percutant

Inspiré du roman d’un scientifique passionné d’ethnologie, ce one-prehistoric-man-show donne lieu avant tout à un époustouflant numéro d’acteur. Damien Ricour livre avec une fougue et une énergie prodigieuses  une performance sortant largement du simple cadre du jeu. Il est seul en scène avec, pour tout décor, une plante d’appartement, un balai et un tabouret. Le reste, c’est lui qui va l’assurer intégralement, gestuelles, bruitages, jeu de tous les personnages. On se croirait dans un dessin animé, entre « Le Livre de la Jungle » et l’univers de Tex Avery. Bien vite, on oublie le cadre de la conférence pour ne plus être que les spectateurs de ces « pithécanthropesques » aventures. Seulement, et même si son but premier est de faire rire, le metteur en scène Patrick Laval veille à ce que passe clairement un message. Jouant d’anachronismes les plus fous (noms des personnages, accessoires, références bibliques ou simplement présence d’un texte), il renvoie immanquablement son propos vers ses contemporains. L’avancée technologique et ses conséquences, la course à la productivité au prix de vies humaines ou encore l’éducation parentale sont très explicitement montrées du doigt. Le prisme de l’humour (certaines répliques sont à se taper le cul par terre tout comme la séquence d’invention du mot « feu », must absolu) permet de tout faire passer en douceur mais le fait est là : c’est une cinglante diatribe contre l’homme d’aujourd’hui à travers le comportement de celui d’hier que propose ce spectacle d’hilarité commune qui mériterait surtout d’être déclaré d’utilité publique.

Franck BORTELLE (Paris)

Pourquoi j’ai mangé mon père
D’après Roy Lewis

Mise en scène : Patrick Lavala
Adaptation et jeu : Damien Ricour

Manufacture des Abbesses, 7 rue Véron, 75018 Paris (Métro : Blanche ou Abbesses)

Jusqu'au 28 décembre 2008 du jeudi au samedi à 21 heures, dimanche à 17 heures.



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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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