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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 17:25
CROISEMENT DES MYTHES
 
Dominique Pitoiset met en scène un texte du brillant auteur libano-québecquois, prochain artiste associé au festival d'Avignon, dans une création à la linéarité implacable. Un projet ambitieux de par la complexité du propos, mais au résultat lisse et sans audace.
 

Fruit d'une commande de Dominique Pitoiset à l'auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad, Le Soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face propose une réécriture de grands pans de la mythologie grecque. Constituée de trois parties, cette vaste traversée nous raconte sous une forme linéaire l'histoire de trois figures légendaires de la lignée de Thèbes : celle de Cadmos, frère d'Europe et fondateur de Thèbes, de Laïos et d'Œdipe. Nous suivons ainsi pas à pas leur destinée, déroulant successivement le fil de leur vie dans un récit marqué d'ellipses. Cette structure narrative chronologique, tout en liant les trois vies tragiques, accentue l'effet de densité du texte, qu'on peine par instants à suivre.
 
Une relecture contemporaine
 
Et pour mieux respecter la relecture – forcément contemporaine - de Wajdi Mouawad, le metteur en scène Dominique Pitoiset ancre le déroulement dans notre quotidien. Ainsi, une scénographie épurée ne fait appel qu'à de rares éléments de décor de notre époque et les comédiens portent jogging et baskets. Là, dans un espace souvent nu, les récits des vies fragmentées se succèdent, soutenus par différents médiums. Souhaitant peut-être, par le choix de la « pluridisciplinarité », accentuer plus encore l'actualité du propos et la vivacité des mythes, Dominique Pitoiset convoque des procédés scéniques multiples pour accompagner les trois comédiens. Tandis qu'un pianiste interprète en direct la musique, deux marionnettistes et leur pantin de bois ouvrent et clôturent chaque récit, et la projection sur écran de dessins d'animation soulignent les étapes de la narration.
 
Mais tous ces artifices, plutôt que de donner profondeur au propos, tendent au contraire à atténuer son relief. Leur présence en tant qu'éléments purement illustratifs ne font qu'accentuer une lisibilité déjà inhérente au texte, sans ouvrir d'autres espaces ni de mise en perspective. L'esthétique douce et soignée, tout comme le jeu sans surprise des comédiens accompagnent avec un respect consciencieux la beauté de cette langue lumineuse aux accents lyriques, mais que Dominique Pitoiset n'a peut-être pas su véritablement s'approprier. Et, en demeurant trop respectueux du texte, le metteur en scène nous en offre une lecture certes formellement aboutie, mais toujours trop sage.
 

Caroline CHÂTELET (Paris)

Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face
Texte de Wajdi Mouawad
Mise en scène et scénographie : Dominique Pitoiset
Dessins animés, marionnettes : Kattrin Michel
Composition musicale : André Litolff
Conseil dramaturgique : Daniel Loayza
Assistant à la mise en scène : Noureddine El Ansari
Création lumières : Christophe Pitoiset
Bruitages : Dominique Aubert
Son : Michel Maurer
Vidéo : David Dours
Costumes : Odile Béranger
Conseil scénographique : Bertrand Nivelle
Avec Nadia Fabrizio, Nicolas Rossier, Philippe Gouin et les manipulatrices Inka Arlt, Patricia Christmann

Jusqu'au 4 octobre 2008, Théâtre Les Abbesses, 31 rue des Abbesses, 75018 Paris, Tel : 01.42.74.22.77

Métro : Abbesses / Pigalle

 Photo © Mirco Magliocca

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Published by Caroline CHATELET - dans À Paris 2008-09
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