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Festival d'Avignon

6 avril 2006 4 06 /04 /avril /2006 23:03
CLUEDO FAMILIAL

On aurait pu inscrire, en mosaïque sur le paillasson de cette famille, cave canem. Mais le titre Petits meurtre en famille et le chien tapis sur scène lorsqu’on prend place, augurent un cadavre non encore désigné. Un cluedo s’annonce en huis clos mais les rôles sont les nôtres, dans le droit-fil du roman familial, servi par un style et une approche du dramatique rappelant l’auteur Arnaud Catherine et son récent ouvrage Sweet home. Le fait divers s’immisce dans cette journée d’un quotidien dense, où chaque membre d’une même famille assiste et participe à son implosion, sinon à sa réconciliation. Le père vient annoncer une promotion catapultant son petit monde à la capitale. Dès lors, son épouse, son fils, sa fille, son beau-père et le chien, ensemble, prennent ce qui leur donne corps et vie, la parole.

Et quelle parole ! François Roux joue du langage, s’en sert, pour délier les langues justement, ébrécher les baillons du raisonnable, pour apprendre à hurler plutôt que de se ménager encore, pour proférer je t’aime avant qu’il ne soit trop tard. Et dans cette joute intime on se prend à rire, alors que l’on pensait maladroitement pouvoir évoquer un air de famille avec des films tels que Didier (l’homme-chien), Festen, ou Sitcom, les excellents comédiens des Petits meurtres nous mènent parmi les anges-pompiers, les souples trahisons que l’on s’accorde pour durer, jusqu’à ce jour et cette nuit où la promesse d’un grain de sable dans la mécanique débloque et révèle chacun à son sort. Et ils « jouent juste », du fils qui se livre au plus beau coming-out possible (je n’en dirai pas plus), au vieil Alfred qui parle en soliloque à la magnifique Constance, spectre de son amour défunte qui vient doucement nous hanter, visitant la commune folie des vivants. Le spectacle est fort, drôle, captivant, douloureux à la fois, mais avant tout il est juste, au sens qu’il touche juste.

Grégoire LOUIS (Paris)

Petits meurtres en famille
Écrit et mis en scène par François Roux
Au théâtre Sudden jusqu’au 16 avril 2006.
14 bis, rue Sainte Isaure 75018  Paris
Métro : Jules Joffrin (ligne 12) ou Simplon (ligne 4)

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Published by Grégoire Louis - dans Chroniques 2005-06
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