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Festival d'Avignon

22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 22:05
APPRENDRE LA CRUAUTE EN QUELQUES LECONS

Comment grandir dans un pays en guerre? Agota Kristof explore le quotidien de deux jumeaux qui s’immergent volontairement dans un processus d’endurcissement psychologique et physique afin d’appréhender sans douleur le monde dans lequel ils vivent...


On ne peut s’empêcher de penser à un savant mélange de Monseigneur des mouches de W. Golding et de Homme pour homme de Brecht… Deux jumeaux Claus et Lucas sont envoyés chez leur grand-mère et font leur éducation dans un village hongrois pendant la seconde guerre mondiale. Leur aïeule ayant un cœur de pierre, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes et n’ont que l’un et l’autre pour référence. Afin de ne plus ressentir aucune douleur aussi bien physique que morale, ils pratiquent des exercices quotidiens consistant à se frapper et à s’insulter réciproquement, un entraînement digne de sportifs de haut niveau. Ils inscrivent chaque étape de leur mode d’emploi de la vie dans un grand cahier.


Le texte n’hésite pas à illustrer cette violence toujours plus exacerbée en temps de guerres, et certains passages évoquent notamment le coït d’un chien avec une jeune fille, l’infraction au serment de chasteté du curé, la délectation à massacrer des animaux, les séances de fellation de la bonne du curé ou encore l’homosexualité pédophile d’un officier. Aussi la guerre est-elle constamment incarnée dans cette fiction, et intimement ressentie par les jumeaux : «cette guerre est une métaphore d'une vie où par peur de la douleur on renonce au sentiment » (note de mise en scène).

De la mécanique de la violence à l’acteur articulé

Malgré la rugosité de certains épisodes, à aucun moment le spectacle ne devient vulgaire ou racoleur, et ce, sans pour autant édulcorer le propos du texte. L’appréhension chirurgicale de la violence, rendue dans le texte par un langage simple et épuré, se traduit à la mise en scène par des mouvements corporels segmentés et mesurés. Le travail corporel s’apparente à un ballet savamment orchestré et les comédiens exécutent leur partition avec une attention millimétrée et incisive, tout en gardant à leur disposition un espace d’échange et de jeu.

Ariane Mnouchkine, qui accueille la compagnie en ses murs, a pu constater « la force précise du dessin des corps, la théâtralité fraîche mais déjà très mûre »  lors de la présentation du précédent spectacle de la compagnie Toda Via Teatro ; un spectacle hommage à Fernando Pessoa : « Autour de la stratégie la plus ingénieuse pour s'épargner la pénible tâche de vivre ». On retrouve souvent le mot stratégie dans les mises en scène de Paula Giusti, il revient comme un leitmotiv et  ce mot lui va bien. Car en effet, ses spectacles, où intelligence, accessibilité et lisibilité se conjuguent, font d’elle un véritable metteur en scène stratège.

Florence LE JUEZ (Paris)

La trilogie d’Agota Kristof
Partie 1 : les stratégies de la subsistance d’après Le grand Cahier d’Agota Kristof
Compagnie Toda Via Teatro
Adaptation et mise en scène : Paula Giusti
Avec : Dominique Cattani, Sonia Enquin, Nathalie Franenberg, Tristan Le Goff, Laure Pagès, Damien Prévot, Oriane Varak, Florian Westerhoff, LucianaVelocci Silva et Nathalie Taillandier (en alternance)
Jusqu’au 28 octobre 2008 du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h
Au théâtre du Soleil- Cartoucherie de Vincennes
Informations générales : www.toda-via-teatro.com.ar
Réservations au 01 43 98 26 10

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Published by Florence LE JUEZ - dans À Paris 2008-09
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