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Festival d'Avignon

10 avril 2006 1 10 /04 /avril /2006 14:35
MIKADO, MI-CADEAU

Le Mikado est un classique du théâtre musical qui tourne dans le monde entier depuis un siècle, sur les scènes et au grand écran. Sa version en catalan est agréable, mais se laisse entraîner par la facilité. Difficile d’être original en jouant un classique ?

Il y a trente ans, la Compagnie barcelonaise Dagoll Dagom présentait la version en catalan de Mikado, l’opérette comique créée 101 ans auparavant par Gilbert et Sullivan. Aujourd’hui, on peut voir au Théâtre Apolo de Barcelone une nouvelle production fidèle à la première, rajeunie par une actualisation des scènes les plus satiriques.


La Compagnie Dagoll Dagom fait partie des grandes compagnies catalanes qui dominent la scène théâtrale barcelonaise. Et impossible de ne pas nommer La Fura del Baus, Els Comediants et Dagoll Dagom lorsque l’on évoque le genre du théâtre musical. Pourtant elles ont en commun un style très télévisuel qui fait parfois regretter la simplicité d’un théâtre plus authentique. Après l’extinction des lumières et l’arrivée du chef d’orchestre, le spectacle commence par l’apparition d’un écran sur lequel est projeté un historique du Mikado à travers son siècle d’existence. Fin du reportage et entrée des acteurs. Ressaisissons-nous et oublions l’image virtuelle pour suivre cette belle histoire de complications amoureuses qui se résout en un happy-end musical.

Le catalan est une langue qui passe très bien au théâtre, et qui, chantée, est vraiment très belle : la bonne articulation des acteurs la rend limpide, même s’il est difficile pour un étranger d’en comprendre la totalité. L’intrigue est parfaitement montée, l’argument (quatuor vieux naïf/belle jeune fille et vieille fille acariâtre/jeune prince incognito) et son dénouement où tout rentre finalement dans l’ordre constituent une jolie histoire tragicomique. Les parties chantées sont intercalées de dialogues souvent comiques, ce qui allège l’opérette pour les moins adeptes : on passe un bon moment, mais cela manque de génie... Les péripéties, dramatiques pour les personnages (éviter un mariage forcé, déjouer l’ordre impérial de décapiter les hommes aux relations peu vertueuses, convaincre la vieille acariâtre de ne plus poursuivre le prince et d’épouser le vieux naïf), font rire le public grâce à des anachronismes pas toujours très pertinents ; et pourtant on rie lorsque l’empereur Mikado a recours à un téléphone portable.

En revanche, l’adaptation du texte à l’actualité politique catalane est bien trouvée. L’histoire, qui est une critique de la tyrannie d’un monarque et de la corruption du pouvoir, se rapproche ainsi de la réalité du public, qui apprécie. Le décor, mis en valeur par les jeux de lumières, est sobre, d’esthétique japonaise : un sol en terrasse, des calligraphies sur des panneaux mouvants, un bonsaï géant au deuxième acte. La mise en scène est très visuelle ; beaucoup de déplacements pour occuper l’espace, chorégraphies à la japonaise, costumes-kimonos des plus somptueux, maquillage et mimiques inspirés du théâtre No japonais. Le grand défaut reste dans l’ensemble la tendance à la caricature. L’exagération peut être comique mais elle semble souvent forcée : le personnage du jeune prince est trop mielleux pour être sincère, son amoureuse d’une vulgarité qui n’était pas nécessaire. Dans un spectacle qui porte un nom, les costumes et le décor japonais, on regrette le manque de connexion avec la culture du Japon. Les plaisanteries et jeux de mots sur leurs coutumes sont douteuses : quand ils feignent de parler japonais, c’est pour dire des noms de marques de motos ; quand ils chantent en japonais, on se demande si ce n’est pas pour se moquer. Mais malgré tout le spectacle est agréable et plein de vitalité. Le succès est assuré puisqu’on applaudit de bon cœur, satisfait de ce mi-cadeau...
Clara MILOVANOFF (Barcelone)

Mikado, de W.S. Gilbert et Arthur Sullivan
Une production de la Compagnie Dagoll Dagom
Mise en scène par Joan Lluís Bozzo
Théatre Apolo, av. Paral.lel, 59 - Barcelone – Espagne

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Published by Clara Milovanoff - dans Chroniques 2005-06
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