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Festival d'Avignon

26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 10:26
BARBIER ENTRE RASOIR ET "AU RASOIR"

Le "pitch" est fort simple : Figaro, barbier à Séville, est engagé par le Comte Almaviva  pour l'aider à réaliser son projet d'épouser la jeune Rosine dont il est amoureux, à la place de son vieux tuteur qui la séquestre et qu'elle déteste.


Visiblement le metteur en scène Jacques Delcuvelllerie a voulu s'amuser. Une "création" ? Ou "Delcuvellerie à Séville" ? Il a opté pour une version farce de la comédie de Beaumarchais, ni dans la bonne tradition, ni résolument décalée, encore moins iconoclaste. Il a entraîné avec lui  d'anciens et de nouveaux complices dont on ne peut que détailler chaque numéro d'acteur, chacun excellent dans son registre, sans que l'on perçoive les intentions d'une création homogène.


Jean-Pierre Baudson réussit fort bien une imitation de De Funès en Bartolo. Jeanne Dandoy/Rosine dispense généreusement minauderies et gesticulations. Axel de Boseré propose un Comte Almaviva d'opérette, déclamatoire sous ses trois avatars. Christian Léonard pèse de sa voix et de son poids sur son Don Bazile, tandis que les serviteurs La Jeunesse et L'Éveillé sont de parfaites caricatures.

Quant à Fabrice Murgia, plus séduisant et juste en Figaro, il nous régale de pirouettes et de gambades, sans grossir le trait, mais sans parvenir à lui seul à emporter l'ensemble de la pièce dans la "joie de vivre extrêmement tonique" promise par le metteur en scène, soit un Figaro espagnol, jeune, et qui tire ainsi son épingle du jeu.

Ici et maintenant, et malgré tout, renouer avec l'insouciance…

Delcuvellerie, pour faire bonne mesure dans sa collaboration avec Beaumarchais, a rajouté un claveciniste un peu déjanté. Bernard Dekaise s'en donne à cœur joie dans de nombreuses et savoureuses parodies musicales, dans son intervention parlée en guise d'interlude, ainsi que dans quelques gags et allusions actuels. Exemple : au début de la pièce, L'Éveillé (houppe à la Tintin) et La Jeunesse (quasi grabataire) apportent un micro "d'époque" pour Almaviva qui se transforme aussitôt en crooner.

Ces facéties tombent parfois à plat car elles ne font pas partie d'une impulsion générale, d'un grand délire collectif. Complaisamment, le rideau rouge, si rarement employé, s'ouvre et se ferme, au rythme des quatre actes, sur un décor minimaliste de Johan Daenen. Peut-être un rythme plus serré, encore à acquérir, rendra-t-il au projet ses intentions toniques premières ?

Suzane VANINA (Bruxelles)

Texte : "Le Barbier de Séville ou La Précaution Inutile" de Pierre-Augustin Caron, de Beaumarchais (1775)
Mise en scène : Jacques Delcuvellerie assisté de Françoise Fiocchi
Interprétation : Jean-Pierre Baudson, Sylvain Daï, Jeanne Dandoy, Axel de Booseré, Bernard Dekaise, Frédéric Ghesquière, Christian Léonard, Fabrice Murgia, Damien Trapletti
Scénographie : Johan Daenen
Lumière : Philippe Sireuil
Musiques : Beaumarchais, Franck Zappa, Gioacchino Rossini, Denis Pousseur, Ry Cooder, José Lopez Alvarez, etc. - Maître de chant : Estelle Marion - Conception sonore : Jacques Delcuvellerie
Costumes : Greta Goiris - Maquillages : Zaza Da Fonseca

Au Théâtre National (grande salle)
du 7 au 25.10.2008                                                                                            
Tél : +32(0)2.203.53.03 -  info@theatrenational.be -  www.theatrenational.be

Photo © Lou Hérion

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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