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Festival d'Avignon

26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 11:11
PLANETE DUBILLARD

Forte d’un Molière 2008 du meilleur auteur, la pièce Les Diablogues est reprise au Théâtre du Rond-Point, l’occasion pour le public de se (re)plonger dans l’univers délicieusement absurde et poétique de Dubillard.

Sur la scène mythique de Renaud-Barrault, deux fieffés compères se lancent à l’eau, en position de frères siamois. Lequel des deux sautera le premier ? Parviendront-ils à sauter ensemble en même temps ? A « hop » ? Oui, mais à quelle lettre de hop ? Le « o » ?


L’absurde chez Dubillard se développe dans chacune des saynètes comme l’œuvre d’un tricot sans fin. Les mailles colorées d’humour et de cabotinage sont pourtant clairement identifiables et l’on se surprend à rester captivés tout le long de la pièce par ce dia(b)logue pourtant sans queue ni tête.

Univers parallèle et ping-pong verbal haletant

Et le décor mouvant, utilisant régulièrement des accessoires nouveaux et incongrus (par exemple, plantant en toile de fond un ciel étoilé) reflète ce curieux univers parallèle où le langage est d’une singulière naïveté et la logique de raisonnement quasi enfantine.


Ces deux personnages qui se cachent ensemble dans un placard, miment le bilboquet ou l’alpinisme et parlent de devoirs filiaux avec beaucoup de déférence, forment sur scène de curieux « grands enfants » engoncés tous deux dans un costume gris impeccablement repassé.

Le jeu de Gamblin est égal à celui de Morel, c’est-à-dire excellent. Les deux complices jouent avec le texte comme avec le public, c’est-à-dire avec délectation, se régalant de chaque mot, chaque consonne, faisant exprimer avec leurs corps tout l’absurde de ces dialogues haletants.

Haletants aussi par le mécanisme implacable des syllogismes chers à Dubillard et ses questions souterraines sur l’existence qui en font le cousin germain du théâtre d’Ionesco ou de Beckett.

Et tels de petits diablotins en tenue de traders, Morel et Gamblin concluent ces échanges étonnants par une chute faussement improvisée et délicieuse qui arrache un rire d’enfant joyeux et franc dans l’assistance. Pas si incongru que ça, après tout…

Laetitia HEURTEAU (Paris)

Les Diablogues
De Roland Dubillard

Mise en scène d’Anne Bourgeois
Avec Jacques Gamblin et François Morel
Assistante à la mise en scène : Marie Heuzé
Direction technique : Pascal Araque
Décor : Edouard Laug
Lumières : Laurent Béal
Costumes : Isabelle Donnet
Son : Jacques Cassard

Théâtre du Rond-Point
2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt
Paris 8°
Salle Renaud-Barrault
Du 15 octobre au 7 décembre 2008
Supplémentaires les samedis à 16h-relâche les lundis mardis et le 19 octobre

Photos © B. Enguerand


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Published by Laetitia HEURTEAU - dans À Paris 2008-09
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