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Festival d'Avignon

26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 15:24
POESIE GOTHIQUE AU PAYS DES POM-POM GIRLS

C’est magique, inattendu, époustouflant. Matthew Bourne a choisit de mettre en scène cette oeuvre originale du génial Tim Burton, véritable féerie gothique simple et tendre. Deux heures où un ballet muet, porté par la musique ensorcelante de David Elfman, entraîne le public dans un univers dont la beauté sombre dissimule une fine analyse socioculturelle.


Il fallait un culot monstre pour prendre le Théâtre du Châtelet en tenaille, ce haut lieu de spectacles musicaux, et monter Edward aux mains d’Argent dans l’ombre du film originel. Et non seulement en s’attaquant à un petit bijou du cinéma, mais en le transformant en un ballet muet, seulement régit par la musique et le talent de mime des acteurs. Le tout, sans la gueule d’ange de Johnny Deep, créateur du rôle principal.


Du culot encore et des moyens, pour nous faire décoller du 1er arrondissement et nous entraîner un soir de pleine lune dans un château abandonné, dans les banlieues façon Pleasantville ou parmi les tombes d’un vieux cimetière. De l’audace toujours pour embellir le chromatisme burtonien dans un décor fantastique, dans tous les sens du terme.

Créature inachevée fruit d’un inventeur disparu un peu fou, Edward est un jeune homme étrange dont les doigts sont des ciseaux. Recueillit dans une famille des banlieues américaines, Edward intrigue, puis séduit. Cœur solitaire et pur, il ne tarde pas à tomber amoureux de Kim, incarnation parfaite de la pretty girl 50’s. Mais le regard de la société dont il ne connaît ni les règles, ni les devoirs, va en faire la victime sacrifiée de son jugement aveugle.

Le miroir des autres

Indéniablement, Matthew Bourne a su transmettre l’essentiel idéologique d’Edward aux mains d’Argent  dans une mise en scène des plus efficaces, sans tomber dans le piège du copier/coller. Le ballet mécanique des habitants de Suburbia rassemble toutes les familles américaines types: jeunesse Happy Days, pin-up, protestants sortis tout droit du tableau Gothique américain de Grant Woods, patriotes militant, famille BCBG, joggers, le tout années 50 où jupes à corolles, cheveux gominés, Cadillac, sexe désincarné, dents blanches et health way of life sont prônés à la limite du supportable.

Une vitrine que vient troubler Edward, avec sa combinaison de cuir, ses mouvements maladroits et saccadés, ses cheveux en pétard et sa sensualité sous-jacente. Bien que l’histoire soit simple, elle n’en demeure pas moins une fable où se discute le regard de l’autre : le regard amoureux qui grandit, celui de la société qui élève ou qui condamne. Où la place de l’individu et le droit à la différence sont broyés par l’effet de masse d’une moralité sans appel. Où Suburbia n’a rien à envier aux voisins machiavéliques de Desesperate Housewifes.

Servie par un décor mobile et par un Edward tout aussi expressif que son modèle hollywoodien, l’émotion est bien là, jusqu’à nous faire repartir du spectacle gorge nouée et larme vacillante, tels des enfants ayant lu un conte triste et beau. Apothéose finale, les flocons tombant sur le parterre du Châtelet, clin d’œil burtonien à nos âmes engourdies.

Marie-Pierre CREON (Paris)

Edward aux mains d’argent.

Thèmes musicaux de la bande originale du film Danny Elfman
Basé sur le film original avec l'aimable autorisation de la 20th Century Fox
Histoire et réalisation du film original : Tim Burton
Scénario original et coadaptation : Caroline Thompson
Décors et costumes : Lez Brotherston
Lumières : Howard Harrison
Son : Paul Groothuis
Trente danseurs et douze musiciens.


À l’affiche du : 9 octobre au 2 Novembre au Théâtre du Châtelet, 1 place du Châtelet, 75001 Paris.
Location : du mardi au dimanche, à 20h. Mâtinée le dimanche : 15h. Renseignements et location: www. chatelet-theatre.com ou au 01- 40 -28- 28 -40 de 10h à 19h (sauf dimanches et jours fériés).


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Published by Marie-Pierre CRÉON - dans À Paris 2008-09
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commentaires

argent456 09/01/2009 12:15

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Treuillot Julien 03/11/2008 21:24

Dans un théâtre transpirant les chefs d’œuvres des saisons passées –notons le divin West Side Story dont nous avions parlé l’an dernier– Edward aux mains d’argent s’annonçait comme un des pointsculminant d’un saison à la programmation riche et, en effet, noussortons transporté de cet évènement, véritable point d’orge de cettefin d’année au théâtre du Châtelet. Sous le lustre chatoyant, alorsque les balcons se remplissent et que la corbeille se gonfle, lepublic est bien au rendez vous pour cette création de MatthewBourne. Comme toujours, avec ce chorégraphe, la production ne pritque trop de temps à traverser la Manche, le tout Paris boudant, dansune continuité somme toute historique, le témoignage d’un sensartistique profond offert par l’île monarchiste située à quelquesheures de notre capitale. Il avait fallut attendre près de dix anspour voir le Swan Lake mettant en scène des cygnes dansés par deshommes à la force et à la délicatesse sublime. Mogadord avait alorsfait rentrer en son sein un ballet historique que le monde entiers’était arraché avant qu’il ne vienne s’échouer sur ces planchescomme par fatalité. Heureusement nous n’eûmes pas à attendre aussilongtemps pour Edward, mais bien d’autres productions de Bourne seheurtent à ce bras de mer qui nous sépare et nous oppose. Alors quele monde entier s’arrache les mises en scène de Bourne, de Tokyo àWashington, la France, elle, continue à croire en son hégémonie del’art, à tort reconnaissons le.Le premier acte qui nous est offert se trouve dans la lignée de ce àquoi Bourne nous habitue avec un décor savamment planté, unesituation intelligemment présentée, des personnages haut en couleurbrillamment marqués, le tout sur un font d’humour et de délicatessepropre au talent anglais. La musique nourrit une trame bien penséequi rend hommage au chef d’œuvre poétique de ce conte moderne sanstrahir l’idée première de Burton, ni dénaturer la partition sublimede Danny Elfman. Alors que la ville s’éveille, la brutalité de cemétal froid, qui se reflète en cette lune mourante, est contrastéepar la bienveillance – somme toute relative – de ces citadins auregard interrogateur, emplie de curiosité et teinté d’une once depeur qui les fera basculer avec la levée du second acte dans unevision tragique d’inquisiteurs. La peur de l’autre est caressée dudoigt, sans condamner ceux qui en sont la cause. C’est ainsi quel’on sombre dans un rêve sublimé par la danse liant Edward à Kimdans une poésie accordant à North (qui campe un Edward qui n’a rienà envier à celui de Depp) de perdre pour un temps ses lourds ciseauxd’argent.Mais, alors que le rideau se lève pour le second acte, c’est unEdward isolé, confronté à une haine grandissante qui nous serarévélé. Un personnage incompris si ce n’est pas cette jolie blondequ’il sert avec délicatesse, apprenant peu à peu à se défaire de cesgants de fer. Mais ses ciseaux ne le quitteront plus désormais, ledanseur fendant dans l’air malgré ces poids qui rendent chaque pasplus difficile encore, sans entamer bien au contraire la qualité deces derniers. Et, alors que la neige tombe, que le retournement esttotal, Edward nous fuit poursuivit par la peur d’une incompréhensiontrop humaine à notre goût. La fin est connue, les flocons s’écrasentsur la douleur d’une mère ayant perdu trop tôt un fils, tandis quele public regrette déjà celui qui lui offrit tant de poésie. Lesalut est à la hauteur de l’émotion alors que les larmes perlent,que la neige s’abat, le spectacle est achevé dans une délicatessetotale tout comme ce dernier avait débuté. Et, alors que la boîte àmusique se ferme, que les notes se taisent, que le rideau tombelégèrement, le public se disperse encore embrumé par cette histoirequi vient de lui être contée dans un lyrisme qui n’est pas sansrappeler un cygne mourrant qui l’avait déjà bouleversé il y a decela quelques années.La partition n’est pas trahie, ce qui obligea à quelques raccourcissans pour autant entamer ce conte d’un Burton génialementretranscrit par un Burne au regard profond et délicat. Cette neigese laissant tomber le long des ciseaux d’argent qui fleurissent leplafond, on se demande bien comment un tel chorégraphe peut demeurerinconnu, ou tout du moins méconnu en ces théâtres français quiaiment à laisser penser la qualité de leur programmation tout en enoccultant les production anglo-saxonnes. Les sièges occupés sontpourtant la preuve d’un public à l’écoute de ces productionsanglaises de qualité dans ce pays de Molière qui semble vouloir noushabituer à une certaine médiocrité de productions sans poésie etsans charme. Gageons qu’un tel succès serve de leçon.Le visiteur qui vous envoie cet e-mail n'a pas eu connaissance devotre adresse de messagerie.

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