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Festival d'Avignon

27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 21:52
LA MORT DEVRAIT FAIRE PARTIE DU SAVOIR-VIVRE

Qui sont ces "perdants radicaux"? Des ratés, des laissés-pour-compte, des losers, des vaincus ? Qu' y a-t-il de plus radical que la perte de la vie ! Donc les perdants radicaux de Raven Ruëll, ceux à qui il donne la parole, ou du moins une présence, ce sont les morts.


Après l'énigmatique apparition d'une femme-araignée (histoire d'installer un climat d'étrangeté ?), on assiste à un entretien bilingue (surtitré FR/NL) de facture plus banale. Un Auteur (poète-essayiste) francophone est interrogé par un Journaliste néerlandophone sur le thème récurrent de son œuvre : la mort. Il déplore l'escamotage du défunt et des rituels funéraires, dénonce la disparition de la Mort en tant qu'élément intrinsèque de la Vie. De ce préambule ressort une intention de mise à distance, voire de dérision, avant que tout bascule avec un autre ton, plus grave.


Raven Ruëll veut combattre "l'utopie radicale", celle qui fait que dans nos sociétés modernes, "rien n'est plus prévu pour les morts ni dans l'espace physique, ni dans l'espace mental… les voilà rejetés, même plus parqués… volatilisés !"…On peut trouver surprenant l'intérêt de ce trentenaire pour, non pas le morbide, mais la Mort, nos défunts et leur place dans notre société.

Cachez ce mort que je ne saurais voir…


Au plaidoyer du début, et après trop de mots si vivants pour évoquer la Mort, suivra la mise en images de tous les maux du territoire des morts. Elle constituera la majeure partie du spectacle, très gestuelle, quasi muette, hormis cris, rires, quelques soliloques (en français), et un très beau décor sonore omniprésent. Une des lettres de Simenon à sa fille suicidée sera lue sobrement.


Dans ce délire visuel en forme de cérémonial de réhabilitation, la plupart des tableaux chorégraphiés restent assez hermétiques. Il y a comme des ébauches d'intentions ou, au contraire, des étirements de quelques-unes, mais l'ensemble possède un pouvoir magnétisant indéniable sur le public qui en reste "muet de saisissement" atteignant ce respect voulu par Raven Ruëll et ses comédiens.

Même s'il n'y a guère de paroles, on n'échappe pas à un certain pathos; tout n'est pas de force suggestive égale. La lenteur cérémoniale atteint davantage à l'émotion de perte douloureuse que les éructations d'un "Combat avec l'Ange" (de Mort) forcené. Un flirt avec le gore est moins évocateur de la souffrance que le simple et digne dépôt de nombreuses paires de chaussures très variées, image particulièrement forte par sa symbolique universelle. D'autres vont rester, obsédantes, preuve que les intentions initiales  du projet de Ruëll ont marqué les esprits comme un "rêve étrange et persistant"…

Suzane VANINA (Bruxelles)

Texte : "De Radicale Verliezers/Les perdants radicaux" (bilingue français/néerlandais) de Raven Ruëll  et des extraits de Heiner Müller
Dramaturgie : David Strosberg
Mise en scène : Raven Ruëll assisté de Inge Floré
Scénographie : Léo De Nijs
Interprétation : Jérôme de Falloise, Valentine Gérard, Vincent Hennebicq, Benjamin Op de Beeck, Audrey Riesen, Alexandre Trocki, Jean-Benoît Ugeux, Mieke Verdin
Son : Donald Berlanger – soundscape : Wim Lots
Lumière : Caroline De Becker

Au KVS BOL du 18 octobre au 1 novembre 2008 – Tél : +32(0)2.210.11.12 -  www.kvs.be  

 Crédits Photos : Koen Broos



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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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