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Festival d'Avignon

28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 18:20
L'EFFET SLAPSTICK TRAVERSE LE SIÈCLE

L'univers de Buster Keaton choyé par une jeune compagnie de Québec qui nous convie à un spectacle plein de surprise et de poésie.


Depuis tout petit, Francis l'adore. Lui, c'est Buster Keaton, un acteur burlesque star du cinéma muet, le maître incontesté du slapstick, un des trois grands aux côtés de Charlie Chaplin et de Harold Lloyd. Francis est comédien. Aujourd'hui, enfin, c'est la première de son spectacle sur son idole...


Mais le poids dans la poitrine que ressent Francis n'est pas du trac : il va se réveiller à l'hôpital, où les médecins réservent leur diagnostic. Très malade, il s'abîme entre réel et imaginaire, entre les blouses blanches, les examens, l'angoisse, et ce personnage qui l'habite, entêté, optimiste, toujours en mouvement et inséparable de son chapeau porkpie : Buster.

Cette création inventive est servie par le jeu tout en finesse des trois comédiens qui naviguent d'un univers à l'autre à un rythme digne des meilleurs burlesques. Dès l'introduction, Raphaël Posadas campe « l'homme qui ne rit jamais » avec un flegme tout  à fait de circonstance, et est tout aussi à son aise avec le personnage fort différent de Francis.
Olivier Lépine est aussi convaincant en docteur qu'en Monsieur Loyal, quant à Alexandrine Warren, elle est une infirmière loufoque mais pleine de sollicitude. 

La mise en scène offre au spectateur, avec beaucoup d'intelligence et un bon sens du rythme, une promenade pleine de poésie entre l'univers des films de Keaton et celui de la maladie de Francis. Elle est appuyée par une création sonore judicieuse qui ne tente jamais d'exister pour elle-même ainsi que par un éclairage qui sait aussi bien évoquer le monde noir et blanc du cinéma muet que la froideur de l'hôpital.


Pour nous conter l'histoire du comédien de théâtre qui admirait tant l'acteur de cinéma muet, la toute jeune compagnie 7981 Théâtre a choisi des procédés scéniques divers allant d'u nthéâtre d'objet inventif (des malles multi-usages, des dessins à la craie, de drôles de caméras ...) à l'écran (plat, sur lequel on verra quelques extraits des films de Keaton ainsi que des images d'ambiance) en passant par les marionnettes. Celles-ci sont manipulées avec brio par les comédiens eux-même, et nous entraînent de façon émouvante au cœur de la lutte de Francis contre sa maladie. Loin de nuire à la cohésion du spectacle, ce choix renforce la structure qui promène le spectateur, sans le perdre, de la vie de Buster Keaton à celle de Francis, tout en soulignant la dualité du personnage.

Cette pièce rappelle que la poésie naît parfois de quelques idées judicieuses et quelques objets ... Et puis voilà, nous aussi, nous rêvons. Que nous avons croisé Buster Keaton. Ou peut-être était-ce l'un de ses admirateurs...

Garance LAZULI (Montréal)

mise en scène : Olivier Lépine et Raphaël Posadas
interprétation : Alexandrine Warren, Olivier Lépine et Raphaël Posadas
scénographie, décors et costumes : Julie Levesque
conception sonore et musicale: Josué Beaucage
régie : Éliot Laprise
production : 7981 Théâtre en collaboration avec Premier Acte

présenté du 7 au 25 octobre 2008 au centre culturel Frédérick Back à Québec

photo © DR

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Published by Garance LAZULI - dans Hors d'Europe 2008-09
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