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Festival d'Avignon

30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 14:37
L’ERRANCE JUSQU’À LA DEMESURE

Au sortir de la première guerre mondiale, Bertold Brecht écrit Baal. Il reprendra cette œuvre de jeunesse plusieurs fois, notamment en 1955, un an avant sa mort. C’est cette version qui a inspirée Mathias Beyler, metteur en scène montpelliérain. 

Baal, cet enfant de la guerre, dénonce un monstre : le capitalisme. Et qu’est-ce que Baal sinon cette bête à l’orée du monde sauvage ? Cet individualiste jouisseur qui n’accorde pas au temps la moindre valeur. C’est cette homme là qui arrive sur scène. Relativement longue, la pièce ne fait pas son âge. Ce voyage dans l’insaisissable semble détruire la notion de temps.  Le public s’interroge : qu’est-ce là, un cancer social ? Une chute intime ? Un Don Juan et ses victimes ? Ce n’est que Baal, un poète maudit charnel et puissant, qui n’a rien d’un mouton.



Une pièce organique

Les premières victimes de Baal sont les femmes de sa vie, lesquelles ont en commun d’être toutes consentantes. Ce ne sont pas de pauvres femmes même si elles subissent Baal et n’en saisissent rien. La chair toujours s’évade. Puis c’est la mort théâtrale de l’ami, du complice qui précédera celles de la mère de Baal et de Baal lui-même.
 
Les visions et les plans se succèderont comme s’il fallait en tout point gommer cette réalité trop abrupte. Absinthe provisoire, un groupe de rock progressif, donne sa propre narration du récit, participant ainsi à l’interprétation. Jouées, chantées, sonorisées, filmées, les scènes ainsi présentées donnent à voir des champs multiples qui créeront la distanciation tant nécessaire à leur lecture.
 
Ici les sentiments sont à vifs. Les dix comédiens enfilent leurs vêtements à vue, changeant de rôle sans quitter le plateau. Ils sont tantôt acteurs, tantôt figurants silencieux, incarnés, éthérés. Ces figures absentes traduisent un détachement qui a un quelque chose de total. Le dispositif ne cache rien : il veut montrer, dénoncer l’absurde. Le théâtre lui-même devient métaphore. Il est mis à nu : les projecteurs, la machinerie donnent au lieu une dimension chaotique. Comme si le dispositif scénique voulait sortir du cadre pour mieux nous toucher. Baal, personnage emporté, passionné en devient séduisant d’humanité. Son existence tragique peut être ressentie comme une délivrance. Et si Brecht restituait un peu Nietzsche lorsqu’il écrit dans « Le gai savoir » que le « troupeau » quant à lui, se nourrit de certitudes satisfaites. En tout cas Mathias Beyler fait ce lien.

Ce projet a le mérite d’être ambitieux. On nage dans un lyrisme romantique. Une trop grande rigueur théâtrale fait peut-être un peu obstacle à l’implication émotionnelle. La chute, quant à elle, est mortelle. Bien entendu.

Christelle ZAMORA
(Montpellier)

Théâtre Jean Vilar
Montpellier
Tel : 04.67.40.41.39
En tournée au Cratère d’Alès les 5 et 6 février 2009
Au Printemps des Comédiens
www.printempsdescomediens.com

D’après Bert Brecht
Compagnie U-StructureNouvelle - Montpellier
Mise en œuvre : Mathias Beyler
Traduction : Eloi Recoing (L'Arche Editeur, 2006)
Composition et mise en musique : Luc Sabot et les musiciens
Scénographie, vidéo et accessoires : Axelle Carruzzo
Costumes : Pascaline Duron
Lumières, régie générale : Martine André
Ingénierie son : Pascal Arnold - Assistante : Cécile Cazalet
Avec : Louis Beyler, Alexandre Charlet,
Stefan Delon, Valérie Gasse, Vincent Leenhardt,
Maëlle Mietton, Julie Méjean-Perbost, Thomas Trigeaud,
Anne-Juliette Vassort, Mathieu Zabé
et 3 musiciens d'Absinthe provisoire : Guillaume Allory (batterie), Christophe Devaux (guitare), Sylvain Etchegaray (guitare)

Coproduction : U - StructureNouvelle, Théâtre jean Vilar - Montpellier, Le Cratère - Scène nationale d’Alès, Printemps des Comédiens - 2009
U - structurenouvelle a le soutien de la DRAC Languedoc-Roussillon, de la Villede Montpellier, du Conseil Régional Languedoc-Roussillon et de l'Ecole Supérieure d'Art dramatique - Montpellier Agglomération.
Avec l'aide de Montpellier Agglomération et le soutien de Réseau en Scène Languedoc-Roussillon

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Published by Christelle ZAMORA - dans En Région 2008-09
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