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Festival d'Avignon

2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 10:40
UN SUPERBE ENVOL AU THÉÂTRE ROYAL DU PARC

Que reste-t-il de l'œuvre de Rostand aujourd'hui ? : "Cyrano de Bergerac" et "L'Aiglon", qui mobilisent autant d’effectifs. C'est dire si le défi de monter cette oeuvre est de taille. Cependant le personnage du rejeton de Napoléon 1er a de quoi séduire autant que celui, historique également, de Cyrano…


Napoléon II (1831-1832) : ne régna pas. Sous cette brève notice historique se résume la navrante existence qui fit de François, né roi de Rome, le défunt Franz, duc de Reichstadt. Pour Edmond Rostand, il sera, ce fils de Marie-Louise d'Autriche et de "l'Aigle" Napoléon Bonaparte : l'Aiglon aux ailes meurtries, brisées, fermées. Non pas fresque historique pour l'auteur, non pas reconstitution à l'identique de sa pièce pour le metteur en scène et les comédiens, mais une vision dans la bonne tradition, fastes de la cour de Schönbrunn y compris (riches décors et costumes de Thierry Bosquet).



"Inouï et banal"! (Jules Renard)

"Ceci n'est pas autre chose que l'histoire d'un pauvre enfant" dixit Rostand lui-même. Plus que le cocorico du patriote, il a fait surgir une plainte étrangement actuelle encore, née de l'impuissance d'un adolescent privé de père, issu de deux cultures que l'on contraint à vivre seulement de l'une dans une prison dorée, une forteresse familiale, et celle de la nostalgie de cette figure paternelle écrasante, ombre encore si présente, malgré tout.

Il ne s'agit pas plus d'un sombre Hamlet en manque d'oncle à trucider que d'un lunaire Louis de Bavière. Pour cela sans doute, Julien Vargas, l'incarnant de manière idéale, a été ovationné par des spectateurs de son âge…


L'autre figure romanesque, ciblée épopée napoléonienne, celle de l'ex-grognard de l'Empire, Flambeau, trouve en Yves Claessens un de ses meilleurs interprètes ; tout comme le Metternich de Jean-Claude Frison, fin, racé, qui ne sombre pas dans le méchant-de-service et l'empereur d'Autriche, à la fois grand-papa et chef d'état de Jean-Paul Dermont.

Outre ces personnages emblématiques, quelques figures de femmes : la Marie-Louise de Nicole Colchat, duelle dans le difficile partage femme et mère, la Camerata de Micheline Tziamalis, impétueuse à souhait et une impressionnante distribution dont chacun des rôles a été très soigné.


Un beau héros de roman que ce fils de l'Aigle ! Alors, romantique Rostand, lui qui commit "Les Romanesques" ? Oui pour le sujet, les sentiments excessifs, le climat mélancolique, les belles tirades assumées avec panache et justesse.  Mais à côté de cela, on trouve des alexandrins émiettés, de la jonglerie verbale et des réparties à la Cyrano, des touches d'amertume lucide et cette émotion nostalgique, ce parfum épique particulier, qui baignent la pièce et ont encore touché le spectateur d'aujourd'hui.

Suzane VANINA (Bruxelles)

Au Théâtre royal du Parc, 3 rue de la Loi, Bruxelles, du 25 septembre au 26 octobre 2008 (Tél +32(0)2.505.30.30 - www.theatreduparc.be )

Production : Théâtre royal du Parc / Centre des Arts scéniques

L'Aiglon
Texte : Edmond Rostand (téléchargeable sur le site In libro veritas)
Mise en scène : Yves Larec assisté de Catherine Couchard
Distribution : Romain Barbieux, Marjorie Berger, Yves Claessens, Nicole Colchat, Olivier Cuvelier, Catherine Cornil, Laurence d'Amélio, Jean-Paul Dermont, Marc de Roy, Jean-Claude Frison, Zouheir Farroukh, Robert Guilmard, Jérôme Lerot, Cédric Lombard, Michaël Manconi, Jacques Monseu, Isabelle Nasello, Françoise Oriane, Benoît Pauwels, Julie Quiriny, Robert Roanne, Mélanie Robin, Lucas Tavernier, Martin Swabey, Micheline Tziamalis, Julien Vargas, Cloé Xhauflaire.
Décors, costumes : Thierry Bosquet
Maquillages : Jean-Pierre Finotto
Lumière : Xavier Lauwers
Son : David Lempereur

Photo ©  Serge Daems

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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