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Festival d'Avignon

2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 11:43
AUSSI CAPTIVANT QU'UN POLAR

Un personnage antipathique, plus que statique est confronté à deux intrus. Un texte romanesque est porté à la scène où on est, sans désemparer, fasciné, curieux… et emballé !


Prétextat Tach est pour le moins hors normes, physiquement et moralement, énorme autant dans un roman que sur une scène ! Il est né sous la plume d'Amélie Nothomb. Que ce roman se trouve adapté au théâtre n'est pas étonnant : sa construction, les dialogues qu'il contient, s'y prêtaient fort bien.


L'adaptation de Philippe Jeusette et Alexandre Trocki, comédiens, la mise en scène de Pierre Santini, autre comédien, étaient garantes d'une parfaite adéquation à la scène. La remarquable scénographie d'Elisabeth Schnell fait pénétrer le spectateur dans l'antre inquiétant du Minotaure.

Un défi était de prêter (gros) corps au personnage humain et monstrueux de Tach. Il est devenu indissociable de la création magistrale de Daniel Hanssens, rompu à tous les exercices et à tous les genres. Le reste du casting ne le cède en rien en pertinence : le choix de Vincent Lécuyer ne pouvait qu'aller de soi, tout comme celui de Valérie Marchant, possédant la carrure d'une Nina séduisante à la fois intelligente, inquiétante et impitoyable. Ajoutons-y la présence redoutable de la chaise roulante dont Tach dont se sert habilement pour décontenancer ses adversaires.


Une histoire d'amour, tout de même…

L'œuvre se partage en deux interviews. La première, plutôt divertissante, la seconde franchement dramatique. Affaibli par une maladie rare, incurable et une fin proche, mais redoutable prédateur encore, le célèbre homme de lettres ne fera qu'une bouchée du journaliste mâle en quête de scoops avant d'affronter une journaliste femelle, davantage à sa mesure titanesque.

Soit une version très personnelle de la Belle et la Bête, terrassée dans un grand assaut final. Car la Belle journaliste est du genre coriace. Elle est déterminée à aller jusqu'au bout bien que la Bête soit un intello, romancier, érudit et esthète, prix Nobel de surcroît…La Justicière savourera pleinement sa victoire, sa vengeance.

Il y a donc un récit qui se reconstruit peu à peu, à la façon d'une intrigue policière, jusqu'à l'explication finale. Avec une interrogation cependant : et si la monstruosité de Tach résidait surtout dans sa recherche d'Absolu, un désir aussi fou que celui d'immortalité, celui d'arrêter le temps à celui, béni, de l'enfance… ?
Suzane VANINA (Bruxelles)

Au Théâtre Le Public, 64-70 rue Braemt à Bruxelles du 20 septembre au 01 novembre 2008 (www.theatrelepublic.be – Tél : 0800.944.44)

Hygiène de l'Assassin
Texte : Amélie Nothomb, (Albin Michel, 1992)
Adaptation : Philippe Jeusette, Alexandre Trocki
Mise en scène : Pierre Santini
Distribution : Daniel Hanssens, Vincent Lécuyer, Valérie Marchant
Scénographie : Elisabeth Schnell
Costumes : Elisabeth Schnell
Lumière : Laurent Kaye

Coproduction : Théâtre le Public/Théâtre de Namur

Photos ©  Guy Focant


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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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