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Festival d'Avignon

3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 14:47
PEDAGOGIE DU DRAME SHAKESPEARIEN

Aller voir Hamlet, c’est un peu comme se décider à faire un grand saut du haut d’un plongeoir. Tant d'intrigues alambiquées que l’on aimerait  maîtriser. Le metteur en scène Colette Roumanoff prend le parti avec sa troupe de mettre à plat la célèbre pièce, de la réduire à l’essentiel et de la dépouiller des lourdeurs élisabéthaines.

«Être ou ne pas être, telle est la question ! »... Mais encore, monsieur Shakespeare ? Pas facile de résumer l’intrigue du célèbre « Hamlet ». Colette Roumanoff, metteur en scène, propose une version décantée de la pièce tout en conservant sa substantifique moelle afin d'en faire comprendre les enjeux métaphysiques. Par cette démarche très pédagogique, elle contentera davantage les plus jeunes que les mordus d’hémoglobine et de dilemmes shakespeariens.



L’histoire ? Hamlet, prince héritier au trône du Danemark, se voit révélé par le spectre de son père décédé que celui-ci a été assassiné par son oncle, lui prenant ainsi son épouse et sa couronne. Lors, la demande de vengeance paternelle va entraîner le jeune Hamlet à perdre sa fiancée, son royaume et sa vie. Cela va également le conduire à s’interroger sur la finalité de l’existence, à passer par le stade de la folie, réelle ou simulée et à défier l’ordre établi.

Outre sa volonté d’épurer la pièce, Colette Roumanoff a également pris le parti de la sobriété quant au jeu des comédiens au risque que cette réserve frustre le public d’une catharsis plus torturée afin de pouvoir ressentir le même effroi que le jeune prince. On aurait apprécié un Hamlet un peu moins tourmenté en profondeur, sans pour autant réclamer la fougue d’un Laurence Olivier, un des plus grand Hamlet de l’histoire théâtrale.

Le choix risqué d’un jeu dramatique sobre

Le jeu de l’acteur principal est tellement retenu que l’on cherche en vain le souffle, la tourmente des vents violents d’Elseneur. Trop linéaire par moments dans la mise en scène, sa volonté de limpidité liquide les reliefs qui jalonnent la pièce : le parricide, la folie de la belle Ophélie, celle d’Hamlet. A vouloir simplifier Shakespeare avec toutes les meilleures intentions du monde, les personnages en font parfois les frais. Ainsi la douce démence d’Ophélie est trop brutale pour paraître crédible. Seul pour contrebalancer le drame et ainsi mettre en valeur tout son sens absurde, Polonius, interprété par Renaud de Manoël, courtisant bon ton plein d’une subtilité comique, vient dynamiser la pièce.

On aurait aussi espéré une entrée en scène plus inquiétante du spectre paternel, un couple royal plus sombre autant dans l’attitude que dans les costumes (toutefois magnifiques pour tous les personnages) et aussi plus d’effets sonores tout au long du drame. On pardonnera au metteur en scène ses choix périlleux. Au risque de ne pas faire l’unanimité.

Marie-Pierre CREON (Paris)

Hamlet d’après William Shakespeare
Mise en scène et traduction : Colette Roumanoff
Avec Félicien Delon
Costumes : Katherine Roumanoff
Lumières : Nicolas Bats
Décor : Franck Viscari
Musique : Jérôme Lemonier
Chorégraphe : Marie-Jo Buffon
Maître d’armes : Christophe Mie

Théâtre Fontaine, 10 rue Fontaine, 75 009 Paris. Les samedis et dimanches jusqu’au 19 avril 2009. Pour les dates précises, se renseigner au 01 48 74 74 40 de 11 heures à 18 heures ou sur http://www.theatrefontaine.com

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Published by Marie-Pierre CREON - dans À Paris 2008-09
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commentaires

A. Mascaro 08/03/2009 19:35

Vous êtes bien gentil lorsque vous dites que le jeu du comédien qui incarne Hamlet est retenu: je dirais qu'il est inexistant! J'ai trouvé la mise ne scène sans imagination, statique et terne. La pièce en devenait comique! Seul Polonieus était à la hauteur, mais du coup, ce personnage avait plus d'épaisseur qu'Hamlet lui-même...

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