BONNE RECOLTE ET MOISSON DE RIRES
Deux nanas déclenchent des rires toutes les quinze secondes dans une série de joutes verbales écrites avec précision et acuité et interprétées avec une joie communicative. Frais, vert,
bucolique mais aussi pas mal frappé. Le bonheur est sur les planches !
Décidées de sortir du carcan « métro-boulot-dodo » parisien, Josy et Mimi se sont installées à la campagne voilà quelques années. Elles viennent de se faire lourder par leur mec respectif qui
assuraient les arrières. Les voilà toutes deux à sauter les repas, aucune rentrée d’argent à l’horizon, le cœur et le sexe en jachère. De plus, pâturages et travaux des champs leur réussissent
moyennement. En effet, avec ses petites mains, Josy confectionne des horreurs qu’elle espère refourguer au marché du coin (des bougeoirs qui bougent par exemple…). Mimi, quant à elle, après avoir
fait dans la chèvre et le mouton, s’est sentie un soudain intérêt pour la volaille. Mauvaise pioche : ses canards rachitiques tombent comme des mouches quand elle ne les écrabouille pas avec son
solex ou qu’ils ne s’intoxiquent pas avec l’essence du même vélomoteur. Nous les découvrons au moment où elles relisent l’annonce qu’elles vont passer pour se trouver deux nouveaux mecs.
Deux Parisiennes version Marie-Paule Belle
Contrairement à ce que le titre peut laisser supposer, il ne s’agit nullement d’un inventaire apologétique de cette nouvelle tendance très « b(i)o-b(i)o » ayant favorisé l’émergence de ces
boutiques où tout ce qui s’y vend est garanti sans pesticide, du pois chiche au papier toilette, de la sauce vinaigrette au caddy pour faire ses courses. Non, ici, il s’agit surtout de confronter
deux tempéraments qui s’opposent pour mieux se retrouver, deux minettes qui ne sont pas fichues de se faire la gueule plus de dix minutes. On ne tombe jamais ni dans le graveleux, ni dans le
cliché. Les (més)aventures de ces deux Parisiennes version Marie-Paule Belle (1), éprises de verdure et de travaux fermiers, sont persillées de répliques très drôles qui tombent comme coups de
faux sur luzerne tendre et emportent la salle dans un tourbillon de rires. La complicité de Murielle Lemaire et Patricia Levrey sur scène est totale, leur numéro parfaitement rodé et les moments
irrésistibles ne manquent pas, comme ce mémorable « Amanite tue-mouche blues » halluciné qui résume à lui seul l’esprit de ce pur divertissement à consommer sans modération.
Franck BORTELLE (Paris)
(1) Référence à la célèbre chanson de Marie-Paule Belle « La Parisienne » qui se finit par « Et loin de la pollution je vais tondre mes moutons »…
Bio mais pas dégradées
De Christian Dob
Mise en scène : Xavier Letourneur
Avec Muriel Lemaire et Patricia Levrey
Décor : Thierry Benoist
Musique : Alexis Degay
Théâtre Mélo d’Amélie, 4 rue Marie-Stuart, 75002 Paris (Métro : Etienne Marcel)
Jusqu’au 29 novembre du mardi au samedi à 20 heures, matinée le samedi à 17h30
Locations au 01 40 26 11 11 et points de vente habituels
Durée : 1h20
Photo DR
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