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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 00:49
BINGO !

C’est un festival de couleurs, de danses, de chants, de rires que propose cette adaptation de la pièce de Labiche en en respectant le texte à la lettre. Un vaudeville nouvelle génération rondement mené par une troupe d’une folle homogénéité. Deux heures de bonheur !

Un décor à la bichromie d’où dominent les gris nous accueille. Pas ce gris poussiéreux d’appartement dont les abat-jour n’ont pas vu le soleil depuis des lustres. Un gris qui a de la classe. Quand entrent en scène les personnages, ce chic se confirme. De noir et blanc vêtus, maquillés outrancièrement, arborant de ventripotentes protubérances abdominales ou des postiches capillaires, ils semblent tout droit sortis d’un film du cinéma muet, entre expressionnisme allemand à la Murnau et Buster Keaton. Les protagonistes évoluent en des mouvements très chorégraphiés sans un mot, tout étant induit par l’exactitude du geste, lequel ne manque ni d’élégance ni de drôlerie.


Dans ce décor, qui changera de couleurs au fil des actes, six provinciaux de la petite bourgeoisie jouent aux cartes, se chamaillent pour passer le temps, font une montagne d’une taupinière. A chaque brelan, chacun y va de sa pièce, ou de son bouton pour les tricheurs, afin d’alimenter la cagnotte qu’on se décide de vider.  L’emploi du butin est voté démocratiquement en faveur d’un voyage à Paris, chacun ayant plus ou moins quelque chose à y faire. La capitale va s’avérer le lieu d’une succession ininterrompue d’aventures…

Une mise en scène magistrale

Adel Hakim a effectué un formidable travail sur ce texte un peu suranné mais dont les ressorts comiques et le fond du propos demeurent d’une totale intemporalité et qui participent au génie de Labiche. Grâce à un ingénieux décor-puzzle qui s’érige, s’aplatit ou émerge du sol, constitué de portes qui ne claquent plus, de statues translucides et lampes en bas résilles incarnant les outrances interlopes de la capitale, de tables à ras du plancher où les bourgeois ainsi rabaissés vont se faire arnaquer, le metteur en scène dynamite la poussiéreuse tendance aux velours défraîchis qui ornent d’ordinaire les scènes des vaudevilles.

De ce décor magistral, les comédiens tirent tout le protéiforme potentiel et catalysent par leur jeu d’une rare homogénéité tout le panache de cette adaptation. Sans chercher à infléchir sa mise en scène vers le libelle vengeur contre ces « bobos » d’un autre temps, Adel Hakim leur prête au contraire des circonstances atténuantes, leur comportement relevant plus du mauvais tic et de la sale manie que d’un immuable apanage qu’il faut fustiger. Ainsi, il va les faire chanter, danser, courir dans une chorégraphie plus absurde que grotesque, conférant à son spectacle une énergie des plus communicatives.

Casser sa tirelire pour cette « Cagnotte » même en temps de crise peut faire un bien fou.  Le marasme financier, deux heures durant se fait oublier au profit d’une vraie crise. De rires, bien sûr…

Franck BORTELLE (Paris)


La Cagnotte
D’Eugène Labiche
Mise en scène : Adel Hakim assisté de Florian Alberge
Chorégraphie : Véronique Ros de la Grange
Scénographie et lumière : Yves Collet assisté de Perrine Leclere-Bailly et Nicolas Batz
Musique originale : Marc Marder
Directrice de chant : Martine-Joséphine Thomas
Costumes : Agostino Cavalca assisté de Dominique Rocher
Son : Anita Praz
Maquillage et perruques : Nathy Polak
Scultpures : Daniel Cendron
Accessoires : Mathieu Bianchi
Avec Maryse Aubert, Thierry Barèges, Isabelle Cagnat, Etienne Coquereau, Jean-Charles Delaume, Malik Faraoun, Serge Gaborieau, Nigel Hollidge, Prunella Rivière en alternace avec Bruno Paviot, François Raffenaud

Théâtre d’Ivry Antoine vitez
1 rue Simon Dereure 94200 Ivry
Métro ligne 7 - Mairie d’Ivry - RER C Ivry

Du 6 novembre 3 décembre 2008
Du mardi au samedi à 20 heures, les jeudis à 19 heures, les dimanches à 16 heures.

Durée : 2 heures

Photos Bellamy

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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