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Festival d'Avignon

16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 12:04
PALE FIGURE

Les lesbiennes ont le vent en poupe. Franck d’Ascanio l’a bien compris et, avec sa dernière pièce, « Géométrie du triangle isocèle », armé de cette efficace ficelle narrative, il livre un texte pertinent mais dont l’intérêt est amputé par une interprétation plutôt plate.

« Géométrie du triangle isocèle » traite des jeux de pouvoir et de domination dans un couple de femmes. Véra, quadragénaire séduisante vit en couple avec Nina, trentenaire active. Jusqu’au jour où cette dernière lui avoue entretenir une relation avec une autre femme depuis 2 ans. La réaction raisonnable et empathique de Véra déstabilise Nina qui aurait souhaité plus de jalousie. Face à cette infidélité ouverte, elle ne manifeste plus le même entrain à voir sa maîtresse. C’est un amusement qui, parce qu’il est assumé, ne lui plaît plus. Ces trois femmes entrent alors dans une histoire triangulaire complexe où chacune met en oeuvre, avec plus ou moins de facilité, la perversité mentale dont elle est capable.


Voilà un spectacle qui sort des sentiers battus des histoires de couples homosexuels. « Géométrie du triangle isocèle » a ce mérite de ne pas tomber dans les poncifs du genre. Ici, le spectateur découvre une pièce, sur fond de romance lesbienne, qui interroge avant tout la notion de couple. Vera et Nina ne sont donc qu’un prétexte pour amener des réflexions sur la difficulté d’être fidèle, d’être intègre et transparent. Jalousie, sexe, manipulation, amour, séduction sont des thèmes qui résonnent en chacun de nous. Et c’est cette portée universaliste qui fait la force de cette pièce. Sans compter la justesse et la vérité de l’écriture de Franck d’Ascanio qui propose un texte riche en répliques cassantes, dialogues tendus et sarcasmes.

Oui, mais…

Malgré cette qualité textuelle, on n’est pas convaincu. Le trio formé par les comédiennes ne fonctionne pas car il n’incarne pas la fluidité et la cohérence du texte. Les interprètes féminines sont souvent « sur le fil » du fait de déplacements dépourvus de naturel, d’une gestuelle parfois empesée ou encore d’une voix forcée. Cette absence d’authenticité fait perdre de son souffle à un texte pourtant réussi, à une mise en scène pourtant étudiée. Les idées de scénographie, comme celle de laisser les comédiennes sur scène et de les faire dialoguer par intermittence, auraient pu dynamiser le texte. Ici, elles tombent à plat. Et ce, à cause de ruptures qui n’arrivent pas à propos et qui distendent le temps au point de le rendre, sur la fin, désagréablement long.

Cette géométrie n’observe donc guère la rigueur cartésienne qu’induit son titre. Et des trois côtés de ce triangle, un seul vraiment tient la route et infléchit ce cercle vicieux vers une figure bien pâle.

Cécile STROUK (Paris)
Géométrie du triangle isocèle (Paris)
Auteur et metteur en scène : Franck d’Ascanio
Interprétation : Marie Hérivan, Mélanie Journeau, Florence Fournier

Au théâtre de Nesle, 8 rue de Nesle, 75006 Paris, métro Odéon. Du 15 octobre au 3 mai, le mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 21h et le dimanche à 17h

Photo Ó DR

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Published by Cécile STROUK - dans À Paris 2008-09
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