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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 22:15

COUP DE COEUR RUE DU THEATRE

ECRIRE POUR EXISTER

C’est un texte sublime signé d’un lauréat du Goncourt que défendent deux splendides comédiens au Théâtre des Deux Rêves. Un spectacle ambitieux et d’une richesse multiple.

Sylvie est sur le point de s’empoisonner pour en finir. Mais cette Juliette des temps modernes tergiverse juste le temps qu’il faut pour remettre à demain son geste radical. Heureuse procrastination…


Bruno, des idées de mort plein la tête depuis que Valérie l’a plaqué, songe à faire tomber son rasoir électrique dans l’eau du bain. Son oxygène envolé, à quoi bon continuer de respirer ? C’est son chien qui se noiera et lui sauvera la vie.

Tout les oppose. Sylvie écrit. Avec succès mais douleur. Bruno est un jardinier reconnu, médaillé. Mais son jardin secret, qu’il dévoile avec pudeur, est semé de soucis plus que de douces pensées.

Improbable, leur rencontre se fait par une petite annonce. Leur entente semble impossible, même si Bruno connaît Colette et Proust, parce qu’ils étaient, comme lui, de fins apologues de la nature et amoureux des belles fleurs. Sylvie embauche pourtant Bruno pour faire son jardin sur le terrain sablonneux de sa maison en bord de mer. Prétexte  en réalité pour l’avoir tout à elle, l’observer et en faire le personnage de son nouveau roman…

Un texte splendide

Le texte de Didier Van Cauwelaert est d’une fulgurante beauté, jouant sans cesse entre dialogues décalés et échanges frontaux, cruauté cinglante et irrésistible drôlerie. L’entremêlement des vies passées et présentes de chacun des protagonistes avec autant d’abrupts déchirements que de phases de la séduction métaphorise cette danse textuelle que mènent sur scène les deux comédiens, entre répulsion et attirance, embrassements et gifles. C’est un couple qui sous nos yeux se fait et se défait au gré de ce que chacun laisse échapper à l’autre et qui alimente un  rapport de force induisant alternance dans les rôles du bourreau et de la victime, jusqu’au point final qui clôture magistralement cet échange.

La mise en scène a le mérite d’être sobre pour laisser au texte toute sa charge tant littéraire qu’émotionnelle. Julien Delbes choisit de faire confiance à ses comédiens, véritables piliers de ce spectacle qui pourrait se passer de son décor pourtant original. Sur scène, Emmanuelle Bodin, dont les prestations dans l’univers frappadingue de Dominique-Pierre Devers (« Du rififi à la morgue », « La Belle et la brute ») ont fait hurler de rire des milliers de spectateurs, et Tristan Petitgirard, comédien et metteur en scène. Tous deux sont excellents. Lui, colosse aux pieds d’argile, a cette beauté et ce charisme sauvages chargés des fêlures qui se lisent tant dans sa voix faussement assurée que ses déplacements emportés. Elle, dans cette fragilité souvent qu’apparente et qui mène son partenaire où elle le veut, ce qui l’aide à exister et donc à écrire. Sans aller jusqu’à dire qu’elle est la tête et lui le corps, tous deux livrent en beauté un exemple de complémentarité dans le talent et l’amour du jeu.

Une chose est sûre : on les quitte à regret…

Franck BORTELLE (Paris)

Noces de sable
De Didier van Cauwelaert
Mise en scène : Julien Delbes
Avec Emmanuelle Bodin et Tristan Petitgirard

Théâtre des Deux Rêves, 8 passage Thionville, 75019 Paris (Métro : Laumière ou Ourcq)
Jusqu’au 13 décembre, les mardis, mercredis, jeudi, vendredis et samedis à 21h30

Durée : 1h30

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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Franck BORTELLE 10/04/2009 22:07

Le succès est total pour ce spectacle qui a investi la salle du théâtre du Petit Gymnase (38 bd Bonne Nouvelle, Paris 10, Métro Bonne Nouvelle) depuis déjà quelques semaines. Et il joue les prolongations. Samedi et dimanche 18 heures et lundi 21h30. Relâches les 2, 3, 10, 11 et 16 mai). Réservations : 01 42 46 79 79 

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