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Festival d'Avignon

18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 10:03

COUP DE CŒUR RUE DU THEATRE

LA JEUNE FILLE ET LA MERE

Sara Forestier livre une éblouissante performance seule en scène dans un texte difficile issu des œuvres de jeunesse de Marcel Proust. Le parti pris de la mise en scène ne manque pas d’audace et peut dérouter. Le texte en ressort pourtant grandi.

Avec ses phrases aux géniaux enchâssements, son romantisme à fleur de peau et son économie du dialogue direct, Marcel Proust semble fait pour n’être lu que dans un silence religieux propice à la concentration la plus absolue. Le cinéma, sauf chez Ruiz, n’a jamais soudé avec cette œuvre de liaison très fructueuse. Le théâtre guère davantage. L’audace de le jouer seul sur une scène prend vraiment des allures de défi.


 Pourtant le texte est du pain béni pour un comédien qui sait en tirer toute la pluralité, tous les excès, toutes les nuances. Sara Forestier en sort aussi victorieuse que le texte et laisse le spectateur K.O. Seule sur une scène meublée d’une unique chaise et délimitée d’un mur noir en fond, elle s’empare viscéralement de ce texte de jeunesse de l’auteur d’ « Un amour de Swan ».

 Cette confession est un chant d’amour désespéré pour sa mère par une jeune fille qui vient de rater son énième tentative de suicide par balle. Echo à la vie du romancier qui fut mis au monde suite à une balle tirée sur son père, provoquant dans l’affolement l’accouchement prématuré de sa mère qu’il adorera sans limite, « La confession d’une jeune fille » contient déjà tout ce qui fera le style de Proust et que d’aucuns associent si souvent à des costumes aristocrates et conciliabules d’alcôves.

Une mise en scène très post proustienne

En se débarrassant de ces oripeaux par trop proustiens, Patrick Mille propose un spectacle moderne. Sara Forestier apparaît en jeans troués et sweat noir. Sa diction éminemment expressionniste, qui appuie sur certains mots comme pour mieux en exorciser le sens, peut étonner. Mais le texte de Proust mérite cet effort. Pour prolonger l’ancrage dans cet expressionnisme post proustien, la comédienne n’hésite pas, pour singer l’hypocrisie bourgeoise, à se déformer le visage en grimaces frôlant la pure folie. Une folie que l’on retrouve dans une danse endiablée sur les Rolling Stones, rappelant la symbolique de ces anachronismes habilement utilisés déjà par Sofia Coppola dans « Marie Antoinette » et qui traduisent les dérapages du personnage dans la honte, l’opprobre et l’oubli des convenances.

 Cette jeune fille qui raconte comment elle en est arrivée à se souiller tout en devenant dans ces moments d’oubli un parangon de vertu aux yeux de la bonne société, vit sous les traits de Sara Forestier, éblouissante d’investissement personnel. Après les phrases de Marivaux dans « L’Esquive » d’Abdellatif Kechiche, elle prouve que sans caméra et avec Proust, elle peut faire des merveilles dans ce spectacle chic et choc.


Franck BORTELLE (Paris)

Sur la même pièce, lire la critique de Faustine AMORE:
http://www.ruedutheatre.info/article-24878001.html


La Confession d’une jeune fille
Interprète : Sara Forestier
Texte : Marcel Proust
Mise en scène : Patrick Mille
Assistante mise en scène : Gaëlle Bourgeois
Lumière : Gertrude Baillot
Durée: 1heure


Au Ciné 13 Théâtre à partir du 4 novembre pour 30 représentations
1 avenue Junot
75018 Paris

Résa : 01 42 54 15 12
www.cine13-theatre.com


Crédit photo : Photo © DR


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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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