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Festival d'Avignon

19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 23:57

HORS DU VERBE, POINT DE SALUT ?
 

Rythmes dansants espagnols et envolées lyriques ironiques et incisives : la légèreté et l’insouciance apparentes des Bavards d’Offenbach sont remis au goût du jour par un Ned Grujic férocement drôle. Un vrai délice.

Espagne. Roland, criblé de dettes, est poursuivi par ses créanciers, l’alcade (1) et son greffier. Amoureux d’Inès, la nièce de Sarmiento, il cherche par ailleurs à s’introduire dans la demeure de ce dernier afin de faire sa demande. Sarmiento doit quant à lui subir la logorrhée de Béatrix, sa bavarde épouse. Roland n’a rien à lui envier à cet égard : réussira-t-il à la faire taire ?


Opérette peu connue du compositeur et violoncelliste allemand, Les Bavards d’Offenbach – créée sous le titre « Bavards et Bavardes » en 1862 aux Bouffes Parisiennes – n’est pas si frivole qu’il n’y paraît. Critique politique et dénonciation du pouvoir de l’argent dans nos sociétés prônant croissance et pouvoir d’achat, elle déploie une force comique moderne et actuelle. A la fois opéra-bouffe (traditionnellement entièrement chanté) et opéra-comique (qui tolère le dialogue parlé et les sujets plus sérieux), les Bavards nous apprend que pour mettre fin aux bavardages incessants des jacasseurs, la meilleure arme reste la riposte. 

 

« Au commencement il y avait le Verbe et à la fin le bla-bla-bla » (Stanislaw Jerzy Lec)

 
Matière première du drame, la parole est en effet à chaque recoin de la pièce de Ned Grujic : le metteur en scène met le doigt sur la stratégie discursive selon laquelle il faut parler pour faire taire. Hymne au cycle de la parole et à la cacophonie qui en résulte ? Les Bavards d’Offenbach s’attache davantage à glorifier le silence, à rappeler que ce n’est pas du mutisme que naît l’impossibilité de communiquer, mais de son corollaire : la logorrhée continue et la nevrose lalomanique, traduisant une absence totale d’attention pour l’autre.

Ned Grujic choisit de métaphoriser le silence par le recours à la lettre. Les inscriptions sont omniprésentes : elles agrémentent le décor, les costumes des personnages, elles indiquent le nom des meubles et leurs emplacements. Le mot a-t-il donc remplacé l’objet ? Le metteur en scène démontre simplement que même dans ce qu’il pense être une absence totale de son, l’homme entend continuellement quelque chose. Chapeau bas aux quatre comédiens, véritables perles comiques au sens de la dérision savoureux, et tout particulièrement à Gaëlle Pinhero (Inès/l’alcade), aussi parfaite sur le plan vocal qu’en matière d’interprétation. ¡otra! ¡otra! (2)

(1)Juge ou magistrat d’Espagne.

(2) Encore, encore !

 

Faustine AMORE (Paris)

 

Interprètes : Margot Dutilleul, Violaine Fournier, Gaëlle Pinheiro, Philippe Scagni, Frédéric Rubay (piano)
Mise en scène : Ned Grujic

Du 12 novembre au 31 décembre 2008
Au Ciné 13 Théâtre, 1 avenue Junot, 75018 Paris (Métro : Lamarck Caulincourt)

Réservations :  01 42 54 15 12
www.cine13-theatre.com


Photo © DR

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Published by Faustine AMORE - dans À Paris 2008-09
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