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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 00:01

SEXE, MENSONGES ET QUIPROQUOS

 
Couple bourgeois, cocuage et quiproquos : le tryptique qui a fait le succès de Georges Feydeau se voit mis en scène selon les codes de l’époque par un Samuel Debure en grande forme. Hymne à la Belle Epoque et à la modernité des textes du dramaturge, les deux farces conjugales qui composent « Quand Feydeau s’en mêle » sont fidèles à l’ambition du spécialiste du théâtre dit de boulevard : dénoncer par le rire.

La représentation s’ouvre sur le conventionnel « Un bain de ménage », autour de Cocarel, mari adultère invétéré, Laurence, sa femme crédule et aimante, Catulle, adolescent en vacances chez son cousin fou amoureux de cette dernière, et, « last but not least », Adélaïde, femme de chambre rusée et babillarde. Tous quatre se retrouvent dans une antichambre où un simple bain devient l’objet convoité, et donc, l’objet de la méprise. « Feu la mère de Madame », seconde farce du spectacle, révèle – à leur juste mesure – les comédiens. Lucien rentre tard dans la nuit du bal des Quat’-Z’arts. Alors qu’il est sur le point de gagner son lit, Yvonne, sa femme, lui tombe dessus et l’assaille de remontrances. C’est sans compter sur l’arrivée de Joseph, le nouveau valet de la mère de Madame. Ou plutôt de feu la mère de Madame…


Feydeau, une mécanique impitoyable de précision

 
Pour monter et jouer les deux volets de Quand Feydeau s’en mêle, Samuel Debure (lui-même comédien dans la pièce) souhaitait « allier rythme, précision, rigueur, respect de l’humeur et sincérité ». Un pari remporté haut la main, tout du moins pour la seconde partie de la pièce. Car si la première fait sourire, elle peine à retenir pleinement l’attention. Ce n’est qu’avec la seconde farce que les acteurs font corps autour de leur sujet, que l’esprit de troupe émerge et que l’absurde trouve tout son sens. Davantage exploration des rouages de la machinerie du vaudeville que peinture de mœurs, malgré une perspicacité et un sens de l’observation dignes du théâtre naturaliste, le texte de Feydeau fait la part belle aux calembours, réparties brillantes et autres jeux de mots. Riche d’enchaînements, de parallélismes et de répétitions, le comique de situation permanent repose une brochette de jeunes comédiens à l’intelligence scénique et au sens de la dérision impeccables, qui rendent un bel hommage à la vivacité et à l’agilité du dialogue feydesque. Mention spéciale à Estelle Dehon, renversante de naturel, d’humilité et d’un je-ne-sais-quoi d’un peu barré, qui, espérons-le, la mènera loin.

 

Faustine AMORE (Paris)

 

Texte : Georges Feydeau
Interprétation : Estelle Dehon, Carine Piazzi, Remi Goutalier et Samuel Debure
Mise en scène : Samuel Debure

 
Au Théâtre des Enfants Terribles du 5 novembre au 13 décembre 2008
157 rue Pelleport, 75020 Paris

Réservations : 01.46.36.19.66.


Photo © Chant Marjanian

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Published by Faustine AMORE - dans À Paris 2008-09
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