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Festival d'Avignon

23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 14:00
HENNI SOIT QUI MAL Y PENSE !


Un psychiatre, son jeune patient et six chevaux aux yeux crevés hantent les murs du Théâtre Marigny avec cette nouvelle adaptation d'Equus qui cavalcade à travers le monde. Sa mise en scène  française se révèle ingénieuse et troublante...


Si certains hommes murmurent à l'oreille des chevaux, d'autres préfèrent leur crever les yeux. C'est le crime que vient de commettre le jeune Alan Strang, conduit tout droit chez le psychiatre Martin Dysart, chargé d'élucider ce qui l'a poussé à ce terrible geste. Tantôt mutique et cabotin, violent et capricieux, Alan va peu à peu distiller le mystère qui l'entoure, jusqu'à la révélation finale, christique et orgasmique.


Depuis 2007, Equus n'a de cesse de poser ses sabots sur toutes les plus grandes scènes d'Europe et maintenant des Etats-Unis, grâce à la notoriété de Daniel Radcliffe, alias Harry Potter, qui n'a pas hésité à troquer sa robe de sorcier contre jeans et T-Shirt pour incarner l'impétueux Alan Strang. La France n'est pas en reste, réutilisant les mêmes ficelles scéniques avec une distribution toutefois plus confidentielle, sous la direction de Didier Long (La vie devant soi).


Bruno Wolkowitch qu'on connaît d'avantage sur le petit écran, s'impose en psychiatre passionné par son métier mais peu épanoui sentimentalement. Il donne la réplique au jeune Julien Alluguette, étonnant mais inégal, dans un rôle difficile qu'il a rendu si physique jusqu'à l'esbroufe que l'on croit assister à un cours d'aérobic. Mais celle dont on retiendra la prestation, époustouflante de justesse et d'émotion, c'est Christiane Cohendy qui incarne la mère d'Alan, véritable Pieta manquant parfois de patience et de compassion pour son fils unique.

 
Une chevauchée sauvage et fantastique...


 
La vision du monde psychiatrique et de ses méthodes par Peter Shaffer, l'auteur d'Equus, étant devenue quelque peu étriquée et obsolète depuis sa création en 1973, la mise en scène de Didier Long relaie le texte et le transcende. La salle baigne dans une sorte de brouillard, métaphore de l'esprit d'Alan. Puis les douze comédiens apparaissent, un à un et restent à vue jusqu'à leurs interventions. Parmi eux, trois hommes-chevaux à l'allure de danseurs, première bonne idée d'une longue série. Chorégraphie des corps jusqu'à l'arrivée du docteur Dysart qui vient narrer l'histoire qui va suivre, son histoire, et dissiper peu à peu son opacité.


Ce n'est pas la révélation qui compte, c'est son cheminement. D'un décor presque nu, Didier Long parvient à recréer une chambre d'enfant, un hôpital psychiatrique, une salle de cinéma pornographique, un manège à chevaux. Equus, le dieu-cheval, est représenté par l'invisible, l'impalpable, parvenant tout de même à porter Alan, nu, en transe, ne faisant qu'un avec lui, scène forte et déstabilisante qui met mal à l'aise, impressionne, étonne, touche au cœur et à l'âme.

 
Le monologue achevé du psychiatre, les lumières éteintes, Equus continue de hanter. Diatribe cruelle de la religion responsable de tous les maux ? Ode à la perversion ? Fustigation de la société pudibonde des Etats-Unis des années cinquante ? Critique des méthodes de la psychiatrie ? Equus est tout ceci et bien plus encore. Une expérience troublante de théâtre, à vivre et ressentir.

 
Julien WAGNER (Paris)

Equus
Texte : Peter Shaffer.
Mise en scène : Didier Long.
Avec : Bruno Wolkowitch, Julien Alluguette, Delphine Rich, Didier Flamand, Christiane Cohendy, Astrid Bergès-Frisbey, Josephine Fresson, Jeoffrey Bourdenet, Lucas Anglarès, Alain Stern, Benjamin Bodi et François Peyre.
Décors : Jean-Michel Adam.
Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz.
Musique : François Peyrony.

Du 18 septembre au 23 novembre 2008. Du mardi au samedi à 21h. Dimanche à 16h30. Théâtre Marigny, Carré Marigny, 75008 Paris (01.53.96.70.30).

 


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Published by Julien WAGNER - dans À Paris 2008-09
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