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Festival d'Avignon

23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 14:34
Françoise Chatot : « Je ne veux pas faire du "théâtre- musée"»

A la tête du Gyptis à Marseille, avec Andonis Vouyoucas, Françoise Chatôt met en scène en son théâtre Les Caprices de Marianne d'Alfred de Musset. Avec la conviction que le romantisme d'hier, celui de ce XIXe siècle post-napoléonien, trouve un large écho dans la désespérance des jeunes d'aujourd'hui. Interview.

Rock et hip hop sont, notamment, annoncés dans vos partis pris de mise en scène de la pièce de Musset. N'est-ce pas osé ?

Françoise Chatôt : Je tiens à dire que je ne tire jamais une pièce, un texte, vers le contemporain uniquement pour faire moderne. Que cela soit clair. Mais pour chacun des projets pour lesquels je m'engage, j'entreprends un travail d'échange avec l'équipe, et de recherche. Ici avec Musset et « Les Caprices… », on repère très vite les rapprochements possibles entre les deux époques, celle d'aujourd'hui et celle d'il y a près de deux siècles. Notamment cette désespérance qui touche surtout la jeunesse. Le grand père d'Alfred de Musset baignait encore dans les idées des Lumières, le père vivait la Révolution et l'Empire. Mais pour le jeune Alfred, c'était une période de censure, de l'emprise du clergé, de la police. L'ennui, donc. Aujourd'hui, l'horizon d'une grande partie de la jeunesse s'appelle le chômage, la mort des idéologies, etc. La mélancolie, la désespérance y trouvent un terrain favorable...

Mais le rock... ?

Le déclic s'est produit quand j'ai revu le film de Gus Van Sant « Last days » qui évoque le suicide de la rock star Kurt Cobain. Le rapprochement avec la trajectoire de Coelin, l'amoureux transi de Marianne dans la pièce, m'est apparu évident. Sa mélancolie va le conduire aussi vers la mort. C'est de là que m'est venue l'idée d'introduire du rock dans le spectacle.

Y a-t-il d'autres marques ou indices de modernité dans cette production des « Caprices de Marianne » ?

Le décor – des panneaux tournants – est plutôt abstrait. Les costumes rappellent les années 1980, ceux des rockers chics, un peu dandy, une jeunesse aisée traversée par les désirs d'alcool, de drogues...Un peu comme ce fut le cas pour le jeune Musset.

Le jeu des acteurs ?

Je ne crois pas et ne veux pas faire du théâtre « musée ». Donc ils jouent ici de façon très contemporaine.

Pourquoi la danse ?

Là encore, il n'est pas question pour moi de rechercher un effet pour l'effet. La pièce se déroule pendant un carnaval. Et il y a des masques. J'ai été aussi impressionnée par l'œuvre de Goya, les « Caprices ». J'ai donc eu l'idée d'une danse et d'une musique urbaine. Des danseurs hip-hop scandent la pièce par leur présence. Ce sont des partis pris très intellectuels et ça fonctionne.

Comment va le Gyptis en ces temps difficiles ?

Notre ascension est fulgurante. Le nombre de spectateurs est en constante augmentation et les textes contemporains sont de plus en plus appréciés. Pas mal en  cette période de crise économique.


Propos recueillis par Jean-Pierre Bourcier

 

« Les Caprices de Marianne » d'Alfred de Musset, jusqu'au 6 décembre 2008 au Théâtre du Gyptis, 136 rue Loubon. 13003 Marseille.
Réservations : 04 91 11 00 91. www.theatregyptis.com

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Published by Jean-Pierre BOURCIER - dans En bonne compagnie
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