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Festival d'Avignon

26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 11:18
UN SPECTACLE RARE

La violence des guerres, les fragilités de la démocratie, les inconstances des âmes humaines. Tout y est dans ce spectacle magistralement orchestré par Schiaretti et interprété par des comédiens en état de grâce.


Il y a deux ans. Christian Schiaretti mettait en scène en son théâtre du TNP-Villeurbanne le « Coriolan » de W. Shakespeare. Pièce démesurée – rarement jouée d'ailleurs -  où l'histoire, celle de la ville de Rome, est emportée par la politique dans des vents de grande tempête. Plus de trente acteurs sur le plateau. Un jeu de mouvements intenses, d'images fortes, de personnages exemplaires incarnés par des comédiens impériaux. Notamment Nada Strancar en Volumnia alors, mère -ambitieuse- de Coriolan interprété par le trop rare Wladimir Yordanoff, Roland Bertin en patricien redoutable... Et puis tous les autres, toute cette troupe engagée dans un théâtre de fureur et de grands espaces sur un plateau mis à nu où les décors se limitaient pratiquement à une bouche d'égout centrale et des oriflammes servant aussi de parois mobiles.


 


Cette production recevait du Syndicat professionnel de la critique le prix Georges Lerminier du meilleur spectacle théâtral créé en province. Une récompense largement méritée permettant à l'équipe de Schiaretti de réussir le pari d'être vu et entendu aussi en d'autres lieux, peu nombreux dans l'Hexagone à posséder un espace assez vaste.

 

Voilà donc « Coriolan » au théâtre des Amandiers-Nanterre. Voilà ce général impétueux qui réussi à repousser les attaques des Volsques, barbares aux portes de la ville de Rome où les conflits politiques rongent les fragiles fondations d'une certaine démocratie. Cet ambitieux aussi qui, malgré ses victoires et à cause de son tempérament abrupt et ses intentions pour un pouvoir peu partageux, est désavoué par  les tribuns de la plèbe. Révolté finalement et plein de rancoeur, il rejoint ceux qu'il a vaincus pour mieux engager un retour dans une Rome qu'il sait mettre à genoux. Mais sa mère Volumnia réussira à faire changer le cours de l'histoire dans un moment de rare intensité. Les Volsques ne l'accepteront pas. Ils s'estimeront trahis. Coriolan en perdra la vie.

 

Les lumières, les parades, les mouvements, la qualité des comédiens, tout concourt à faire de ce spectacle un moment rare de théâtre riche d'un engagement que l'on croyait disparu. Les quelques changements dans la distribution depuis sa création ne gomment pas la beauté et l'intelligence de cette production. Nous dirons seulement que la grande Nada Strancar n'a pu reprendre son rôle de Volumnia pour des raisons graves de santé. Sa convalescence est longue. Hélène Vincent, autre grande actrice, est aujourd'hui cette formidable mère de Coriolan. Le spectacle continu. Et quel spectacle !



Jean-Pierre BOURCIER (Paris)

 

« Coriolan »
De William Shakespeare

Jusqu'au 19 décembre au théâtre Nanterre-Amandiers dans le cadre du Festival d'Automne à Paris.

Texte français : Jean-Michel Déprats (La Pléiade - Gallimard).
Mise en scène : Christian Schiaretti.
Lumière : Julia Grand,
Costumes : Thibaut Welchlin,
Maquillages-Coiffures : Nathalie Charbaut
Avec notamment Roland Bertin, Hélène Vincent, Wladimir Yordanoff

Location : 01 46 14 70 00, par courrier au 7 av Pablo-Picasso. 92022 Nanterre Cedex ou www.nanterre-amandiers.com
Durée 3h45 avec entracte.

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Published by Jean-Pierre BOURCIER - dans À Paris 2008-09
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