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Festival d'Avignon

30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 21:23

LA VERITE PAR LE TÉMOIGNAGE

 

Quoi de moins alléchant que le titre laissant supposer une pièce éculée sur les banlieues, ponctuée de lieux communs et de clichés. Or, c’est à une pièce surprenante qu’on assiste. Le metteur en scène Daniel Saint-Hamont propose d’aborder le thème de la nostalgie à travers le témoignage dynamique d’un pied-noir qui regrette l’Algérie de son enfance.

 

Le comédien Jean-Claude de Goros arrive sur scène, vêtu d’un manteau et d’un chapeau noir. Ses seuls accessoires sont un porte-manteau et une chaise pliante. Il est grand, imposant, assuré. On est à Paris, dans le VIIIe arrondissement, rue de Lisbonne. Il y a un banc, à gauche. Et une pancarte indiquant l’Ambassade d’Algérie, à droite. Au milieu de ce décor révélateur de la déchirure intérieure de cet homme, balancé entre son pays natal et son pays d’adoption, se trouve une reconstitution de la rue. Réaliste, elle donne un effet de perspective et de profondeur à la pièce. 

 

Quand il commence son monologue, c’est à nous qu’il s’adresse, établissant une relation quasi psychanalytique. On est là pour l’écouter, pour l’aider à déverser toute la nostalgie qui pèse sur lui et qu’il ne partage plus avec quiconque. Son entourage s’est lassé de ses lamentations continues sur Tajira, sa ville natale. Il se sent seul. Et c’est cette solitude qui lui permet de se confier aussi abondamment. Il nous dit tout. On est dans la mise à nu d’un personnage qui vit dans le passé. Son présent, il le voit comme la suite logique des choses, il le rationnalise. Son passé, il le critique. Mais ces critiques sont emportées, fougueuses, vivantes. Ce personnage fait revivre ses souvenirs à travers une gestuelle abondante, une exagération systématique des faits, un accent pied-noir appuyé. Au travers de ses inépuisables histoires, il met en scène sa vie, cherchant à provoquer le rire autant qu’à partager son indignation face à la guerre d’Algérie et ses conséquences.

 

Les yeux de ce personnage prolixe et excessif expriment le mieux la diversité des sentiments qui l’animent. Parfois, ils sont fermés. A ce moment, il nous oublie, il est loin, il est chez lui, en Algérie. Puis, ses yeux s’ouvrent, agités, excités, rêveurs. Et souvent, tristes. Son regard est luisant quand il évoque la disparition de son meilleur ami. Le notre aussi. Difficile de retenir son émotion quand le comédien réussit si bien à se rendre familier et proche de nous.

 

La confusion des sentiments

 

A l’origine des secousses émotionnelles engendrées par la pièce, il y a donc le jeu habité de Jean-Claude de Goros. Son monologue coule à flot et coule de source. C’est fluide, pas une seule hésitation. L’appropriation du texte de Daniel Saint-Hamont est totale, à la fois juste et réaliste. A tel point qu’on a la sensation d’être hors d’un contexte théâtral : on accompagne ce personnage dans ses faits et gestes aussi naturellement qu’on aurait accompagné un être qui nous touche et qu’on veut soutenir.

 

Plus qu’une vie narrée avec passion, « Sur la vie d’ma mère » met en scène l’évocation émue de l’enfance. Période vers laquelle on revient toujours.

 

Cécile STROUK (Paris)

 

Sur la vie d’ma mère (Paris)

Auteur : Daniel Saint-Hamont

Interprète : Jean-Claude de Goros

 

Au théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins, 75008 Paris

A partir du 9 septembre, du mardi au samedi à 21h. Matinée le samedi à 16h30 et le dimanche à 15h

 

Photo Ó

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Published by Cécile STROUK - dans À Paris 2008-09
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