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Festival d'Avignon

3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 17:13

UN JEU DE LA FOLIE

 

Jean-Romain Vesperini a choisi de traduire et mettre en scène une pièce italienne, écrite par un jeune auteur applaudi dans son pays : Fausto Paravidino. « Deux frères » explore la complexité des sentiments fraternels et amoureux dans un huis clos oppressant entre trois personnages en proie à une folie latente.

 

Tout part d’une simple histoire de colocation. Deux frères, Boris et Lev, accueille chez eux une jeune fille, Erica, devenue l’amante de Lev. Sa venue et son comportement bouleversent l’équilibre précaire de leur relation fraternel, dévoilant les failles et les frustrations de chacun.

 

Ici, c’est la femme qui est le catalyseur du trouble, de l’angoisse, de la jalousie et de la folie. Elle est jolie, aguicheuse, manipulatrice et provocatrice. Et surtout consciente de son pouvoir sur ces deux hommes, jouets de ses caprices. Andréa Brusque, dans ce rôle un peu cliché de la femme fatale, ne parvient jamais à faire ressortir l’ambiguïté de son personnage qui joue de et avec son physique. Les gestes empesés et les déplacements forcés de la comédienne ôtent toute crédibilité à son personnage.

 

Les personnages masculins, quant à eux, tentent de sauver la mise. Guillaume Bursztyn, dans le personnage de Boris, livre une interprétation assez subtile : les scènes de timidité alternent avec des scènes de violence excessive. Tiraillé entre une jalousie contenue pour son frère et un désir véhément pour cette fille qui l’exaspère, il manifeste une fragilité convaincante et émotive. Il en est de même pour Fabien Floris dont le personnage plus impulsif, plus sexuel, plus tempétueux, lui donne l’occasion, malgré un décalage entre la qualité de sa voix et le manque d’ampleur de ses mouvements, d’offrir au spectateur quelques temps forts, notamment celui de sa confrontation musclée avec un frère soumis.

 

La cuisine, espace des tensions

 

Ce huis clos chaotique se passe entièrement dans la cuisine de l’appartement. Cette unicité de décor accentue l’oppression de la pièce, ce triangle humain y étant enfermé, prisonnier également dans un espace intemporel ainsi qu’en témoignent trois horloges arrêtées à trois heures différentes. La seule solution, c’est la mort qui viendra comme une évidence.

 

Si la scénographie est cohérente par rapport à l’atmosphère tendue de la pièce, d’autres choix de mise en scène le sont moins. On pense à ces apartés pendant lesquels les personnages s’adressent au public pour suggérer une tension croissante. Quelle utilité de souligner à ce point le trait si ce n’est d’insister lourdement sur une situation déjà comprise par le spectateur ?

 

« Deux frères » apparaît au final comme une pièce qui, à cause des différentes maladresses évoquées, ne parvient pas à suggérer toute la violence du texte de Fausto Paravidino.

 

Cécile STROUK (Paris)

 

Auteur : Fausto Paravidino

Metteur en scène et traducteur : Jean-Romain Vesperini

Interprétation : Andrea Brusque, Guillaume Bursztyn, Fabien Floris

Costumes : Sonia Bosc

Scénographie : Caroline Schilling

 

Au Petit Théâtre du Gymnase, 38 boulevard Bonne Nouvelle, 75009 Paris (Métro : Bonne Nouvelle)
Du 12 novembre au 31 décembre, le mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 19h

 

Photo Ó

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Published by Cécile STROUK - dans À Paris 2008-09
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