Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 17:29

UN VAUDEVILLE A LA MONTAGNE


Sur une scène parfois un peu exiguë pour eux, les comédiens du Français exécutent un ballet savamment orchestré autour du classique labichien. L’ensemble peine à démarrer mais une fois parti, il livre un festival de drôlerie, à la fois caustique et endiablé.

Les Perrichon se rendent en Suisse, suivis incognito par Armand et Daniel, tous deux prétendants de la fille de la famille et décidés à en demander la main au père, notable parisien perclus d’orgueil mal placé. Sur place, ce dernier est sauvé de la mort par Armand et sauve la vie à Daniel. C’est pourtant à Daniel qu’il portera sa préférence…


C’est un tordant lever de rideau des plus anachronique, au son du Boléro de Ravel doté d’un texte tout en allitérations cacophoniques, qui sert de préambule aux aventures du célèbre Perrichon. Tonitruante entrée en matière qui précède une assez sévère baisse de régime laissant craindre le pire.

Une scène beaucoup trop petite où semblent se débattre les comédiens tenus à minimiser leurs gestes (qu’ils réussissent cependant à rendre parfois drôles), quelques voix pas parfaitement réglées et surtout une musique omniprésente qui parasite plus qu’elle n’accompagne le jeu, tel est le tribut que doit payer le spectateur avant d’avoir véritablement sous les yeux un spectacle digne de l’auteur de « La Cagnotte ».

Et soudain tout s’anime

Passé ce mauvais cap, la scène s’anime vraiment. On retire les housses des fauteuils comme pour laisser voir qu’en dessous, il se passe des choses et force et de constater que le ballet qui se met alors en branle mérite le voyage et le « Voyage… » le mérite bien.

Toute la vénalité du personnage principal auquel Pierre Vial apporte une truculente emphase, les mille et une facéties des deux soupirants se poussant du coude pour entrer dans les bonnes grâces du père prennent alors allure d’un festival dans lequel Labiche se plait à fustiger cette classe bourgeoise aussi ridicule que grotesque. Plus sévère que dans la « Cagnotte », le dramaturge règle ses comptes avec ce qu’on n’appelait peut-être pas encore le parisianisme. C’est pourtant bien ces mufles de la capitale, leur démesure, leur arrivisme, leur esprit étriqué ne laissant aucune place à la modestie de la reconnaissance qui sont ici écornés avec force piques langagières parfois caustiques dignes des plus belles « poquelinades ».

Sur scène l’animation se pare de la grâce d’un menuet savamment orchestré. Alternance de jeu et de brefs intermèdes chantés, utilisation tridimensionnelle du décor et même de la salle tout entière insufflent, aidés par des comédiens convaincants, énergie et rythme à ce spectacle à la fantaisie diablement vaudevillesque et d’un autre temps, celui de Labiche dont le propos pourtant ne cesse de faire écho, par son intemporalité, à une France très « XXIème siècle ».

Franck BORTELLE (Paris)

Le Voyage de Monsieur Perrichon
D’Eugène Labiche et Edouard Martin
Mise en scène : Julie Brochen
Collaboration à la mise en scène, Hélène Babu et Philippe Guyard
Scénographie : Francis Biras
Costumes : Sylvette Dequest
Lumières : Olivier Oudiou
Constructions et trouvailles : Marc Puttaert
Maquillages et coiffures : Catherine Nicolas
Musique originale : Denis Chouillet
Direction musicale : Denis Chouillet et Vincent Leterme
Avec Thierry Hancisse, Sylvia Bergé, Alexandre Pavloff, Pierre Vial, Madeleine Marion, Stéphane Varupenne, Helène Babu et au piano (en alternance) Vincent Leterme et Denis Chouillet

Comédie Française-Théâtre du Vieux-Colombier, 21 rue du Vieux-Colombier, 75006 Paris
Du 19 novembre 2008 au 11 janvier 2009
relâche le 25 décembre 2008
Mardi à 19 heures, du mercredi au samedi à 20 heures, dimanche à 16 heures, relâche lundi

Renseignements et réservation : au guichet du théâtre du mardi au samedi de 11h à 18h, dimanche 13 heures à 18 heures, par téléphone au 01 44 39 87 00/01, sur le site Internet www.comedie-francaise.fr

Photo Mirco Cosimo Magliocca

Partager cet article

Repost 0
Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
commenter cet article

commentaires

gamze 26/10/2009 16:58


bonjour je voudrais savoir quel l acte de cette image car je lis ce livre et je suis trés curiose merci cordiallement


Chronique Fraîche