Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 23:36
TOURBILLON DE JEU 

Christian Schiaretti met en scène Coriolan dans une démesure magistrale par la puissance dégagée. Une création classique et virtuose couronnée du prix Georges-Lerminier 2007 du Syndicat professionnel de la Critique.

Coriolan raconte l'ascension et la chute du chef de guerre romain Caïus Martius. Revenu triomphant des Volsques à Coriole, où il obtient son surnom Coriolan, l'orgueilleux patricien est promis à un brillant avenir politique. Il sera pourtant banni par le peuple qui lui reproche son mépris envers les tribuns et la plèbe. Exilé, Coriolan trahit sa patrie puis ses nouveaux alliés, et paiera de sa vie ses extrémismes.


Dans cette tragédie, William Shakespeare explore avec acuité l'imbrication étroite entre théâtre et politique. Tout autant que les défaillances et perversions de la démocratie, Coriolan souligne le nécessaire recours au masque du politique. Ainsi Coriolan, en rejetant la comédie du pouvoir et en refusant d'endosser le costume de la compromission signe sa perte. À travers l'itinéraire de cette figure semi-légendaire de la République romaine archaïque, la pièce expose nombre de questionnements sur la démocratie, la justice, l'ordre et la liberté.

Les multiples mouvements du politique sont donc au cœur du texte. Et c'est bel et bien un tourbillon à la violence palpable, une machine broyant tout sur son passage que la mise en scène magistrale par sa maîtrise met en relief. Sur le large plateau entièrement nu, un soupirail - duquel rejaillira les eaux sales d'un pouvoir usé par les revirements incessants - occupe le centre de la scène. De rares éléments de décors viennent par instant compléter le dispositif. Mais ce vide scénographique n'est qu'apparent, puisqu'à l'économie de décors répond la vivacité de la mise en scène.


Une imposante troupe sur la scène

Dont l'un des premiers exploits réside dans l'imposante troupe réunie sur scène. À l'heure où assumer la présence d'une dizaine de comédiens sur un spectacle constitue déjà une gageure financière pour une compagnie, Christian Schiaretti en réunit une trentaine. Le metteur en scène et directeur du TNP de Villeurbanne utilise ici à plein escient les possibilités de cet effectif. Jeux politiques, batailles guerrières, soulèvements du peuple, toutes les tensions de la narration bénéficient de la présence d'une telle assemblée. Les moindres déplacements sont parfaitement chorégraphiés et l'utilisation fréquente de drapeaux et tissus ondoyants sous le pas de course des comédiens suffisent à occuper largement le plateau. Les effets de masse, ajoutés à une création lumière et sonore impeccable produisent un résultat par instants vertigineux, tout en donnant profondément vie à la tragédie qui se noue.

Une tragédie implacable par son efficacité mais également son classicisme grandiose. Des bottes frappant le sol de leur course aux froissements des costumes en passant par le jeu parfaitement dirigé des comédiens ou la traduction très littéraire de Jean-Michel Déprats, tout dans la mise en scène « fait » théâtre. Dans cette création soignée, chaque élément convoqué est maitrisé de bout en bout, produisant la représentation de l'acte théâtral avec une rare virtuosité.

Difficile de ne pas être séduit par le brio de l'ensemble... Et si la durée de ce Coriolan mériterait d'être un peu resserrée, la création demeure par ses proportions et sa perfection un rare moment de théâtre.


Caroline CHÂTELET (Paris)


Coriolan
de William Shakespeare

Jusqu'au 19 décembre au théâtre Nanterre-Amandiers dans le cadre du Festival d'Automne à Paris

Texte français Jean-Michel Déprats
Mise en scène Christian Schiaretti.
Lumière Julia Grand
Son Michel Maurer
Costumes Thibaut Welchlin
Coiffures et Maquillage Nathalie Charbaut
Directeur des combats Didier Laval
Assistantes Laure Charvin-Gautherot, Naïd Azimi
Assistant à la scénographie Loïc Thiénot
Assistant aux costumes Jean-Philippe Blanc
Assistant au son Laurent Dureux, Eric Georges, Olivier Renet et Pierre Sauze
Conseiller dramaturgique Gérald Garutti
Avec Stéphane Bernard, Roland Bertin, Laurence Besson, Pascal Blivet, Olivier Borle, Mohamed Brikat, Jeanne Brouaye, Armand Chagot, Jérémie Chaplain, Philippe Dusigne, Gilles Fisseau, Julien Gauthier, Jacques Giraud, Nicolas Gonzales, Damien Gouy, Sylvain Guichard, Benjamin Kerautret, Claude Koener, Aymeric Lecerf, David Mambouch, Clément Morinière, Daniel Pouthier, Loïc Puissant, Jérôme Quintard, Dimitri Rataud, Alain Rimoux, Juliette Rizoud, Julien Tiphaine, Jacques Vadot, Clémentine Verdier, Hélène Vincent, Wladimir Yordanoff
Techniciens en jeu Luis Carmona et Fabrice Cazanas.
Le texte Coriolan est publié aux éditions La Pleïade Gallimard

Production : TNP-Villeurbanne, avec le soutien du département du Rhône - avec la participation artistique de l’ENSATT et l’aide de la Région Rhône-Alpes pour l’insertion des jeunes professionnels - en co-réalisation avec le Théâtre Nanterre-Amandiers / le Festival d’Automne à Paris.

Location : 01 46 14 70 00, par courrier au 7 av Pablo-Picasso.
92022 Nanterre Cedex
http://www.nanterre-amandiers.com
www.nanterre-amandiers.com

durée 3h45 avec entracte


Photo ©


Partager cet article

Repost 0
Published by Caroline CHATELET - dans À Paris 2008-09
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche