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Festival d'Avignon

9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 18:10
APOCALYPSE EN SALLE ET SUR SCÈNE

Kris Verdonck a tenté de visualiser la fin de l’humanité, gangrenée par la pollution, poussée à sa fin par elle-même. Il fait défiler sur scène des personnages en actions répétitives comme si les hommes se résumaient à des incarnations de Sisyphe.

Un décor impressionnant, une technologie lourde et envahissante soutiennent les propos du concepteur. Ils sont au service d’une idée simple : l’humanité galope vers sa perte. Ils sont transcrits par une volonté de travailler l’obsession de cette apocalypse par le systématique de la répétition.


En effet, les mêmes images, sans cesse reprises avec de minimes variations, démontrent seulement que rien ne change vraiment. Quant aux multiples symboles, s’il n’y avait la littérature du feuillet distribué à l’entrée, ils resteraient plutôt ésotériques.

La confusion des ressentiments

La silhouette qui revient inlassablement en tirant un sac pesant est l’incarnation du stakhanovisme à moins qu’il ne s’agisse d’une mère traînant le cadavre d’un des siens. L’homme enfermé dans sa roulante cage de verre qui lit intarissablement un texte monotone (quoique coupé de quelques éclats de voix) en anglais est sensé être un prophète messager. Mais faute de surtitrage ceux qui ne pratiquent pas la langue d’Elisabeth II ou de Camilla Parker-Bowles ne sauront jamais de quoi il est question.

Périodiquement la Musilienne ( ?), mutante, vient surprendre avec des désarticulations corporelles ahurissantes. Du ciel, à intervalles plus ou moins irréguliers, tombe lourdement Ned Ludd, ouvrier qui s’opposa à la venue des métiers à tisser mécaniques au 18e siècle et sensé représenter les pompiers new-yorkais du 11 septembre 2001.

Quant à l’être suspendu à un fil, jouant les oiseaux en train de se débattre comme dans un filet de tenderie, il n’est autre que l’actionnaire victime de la finance en déroute. Sans oublier ni le vrombissant moteur qui laboure le plateau de ses hurlements mécaniques, ni la flamme itinérante s’amusant au feu follet de cour à jardin un soir de feu d’artifice aux pétards mouillés.

Plastiquement, c’est assez costaud. Théâtralement, c’est d’un insondable ennui. Car en fin de compte, n’est pas Bob Wilson qui veut.

Michel VOITURIER (Bruxelles)

Vu à la Maison de la Culture de Tournai le 3 décembre à l’occasion du festival eurométropole Next 001 ( www.nextfestival.eu )

End
Conception, mise en scène : Kris Verdonck
Dramaturgie : Marianne Van Kerkhoven
Distribution : Johan Leysen, Carlos Pez González, Claire Croizé, Geert Vaes, Marc Iglesias, Eveline Van Bauwel
Vidéo : Anouk De Clercq
Musique : Stefaan Quix
Lumières : Luc Schaltin
Costumes : Dorothée Catry, Sofie Durnez

Production : Margarita Production for stilllab vzw
Coproduction : Kunstencentrum BUDA, Kaaitheater, Kunstencentrum Vooruit, Le Grand Théâtre de Luxembourg, Rotterdamse Schouwburg, NXTSTP

Photo © C. Antoine

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2008-09
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