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Festival d'Avignon

14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 01:03
LES FLÈCHES DE LABICHE FONT TOUJOURS MOUCHE

Parmi les pièces majeures de Labiche, "Célimare le bien-aimé" est sans doute l'une des plus accomplies, et des plus mordantes sous le côté rieur et bon enfant.

Par petites touches malicieuses, et dans une mécanique propre au genre, Labiche fut un des précurseurs de la comédie musicale, car il aime parsemer ses pièces de couplets suivant le principe "sur l'air de…". Pour la présente version, ce sont les tubes d'hier, et non d'avant-hier, qui sont revisités. On les chante, on les danse : des claquettes d'un tapissier à une chorégraphie inattendue pour un veuf éploré.

On le sait : le vaudeville est un genre exigeant qui ne souffre aucune baisse de rythme. Chaque comédien, au solide métier, y participe et campe les rôles de manière caricaturale mais non bouffonne et grotesque. Ainsi en premier lieu de Michel Poncelet, idéal Célimare, à l'œil coquin, "portant beau encore" (il a 47 ans), menteur, fabulateur, trompeur, assez faux derche mais toujours séducteur puisqu'il se marie avec une jeunette (18 ans), oie blanche comme on n'en fait plus.

Ce personnage est sympathique en fin de compte, par son désenchantement à l'égard de ses frères humains, et parce qu'il est victime d'une paire de compromettants crampons, Vernouillet & Bocardon, et du harpon exigeant d'un trio familial… Tous personnages plus savoureux  les uns que les autres, à qui s’ajoute un allègre (et critique) quatuor de serviteurs.

Sur des airs de Ray Ventura…

Ce pourrait n'être qu'un bon petit divertissement, bien huilé. C'est un peu plus tout de même, sans être dérangeant, sans trahir Labiche, dont l'esprit suscite encore le rire aujourd'hui. Sa cible préférée : les petits-bourgeois, leurs petites prétentions, apparences, intrigues, lâchetés, vacheries et manies ridicules. Rien ne les intéresse qu'eux-mêmes dans leur ronde autour d'un sujet éternel : l'argent.

La mise en scène de Pierre Fox, la scénographie de Serge Daems, comme la musique "live", situent l'action dans l'entre deux guerres, entre deux crises, et les allusions à la fortune de Célimare, aux actions dans les Chemins de Fer, sonnent curieusement bien juste, en ces temps troublés…

Les ajouts en clins d'œil font mouche comme, par exemple, la parfaite complicité de Monsieur Raymond, non seulement pianiste ragtime mais à l'occasion confident des apartés (excellent moyen de leur donner un autre relief) ; comme les décors stylisés réservant de malicieuses surprises… Autant de bulles joyeuses dignes d'une soirée de fête en cette fin d'année.

Suzane VANINA (Bruxelles)


Au Théâtre royal du Parc, 3 rue de la Loi à Bruxelles jusqu’au 20 et le 31 décembre 2008 (02/505.30.40 - www.theatreduparc.be )

"Célimare le bien-aimé"

Texte : Eugène Labiche (1863)
Mise en scène : Pierre Fox, assisté de Delphine Chauvier
Décors, costumes, lumière : Serge Daems
Interprétation : Catherine Claeys, Frédéric Clou, Gauthier de Fauconval, Bruno Géoris, Bernard Marbaix, Michaël Manconi, Jean-Daniel Nicodème, Nicole Palumbo, Michel Poncelet, Sandrine Quynh
Musique : piano et arrangements de Jean Jadin (sur des musiques de Ray Ventura, Franz Lehár, Georges Gershwin…)

Photos © Serge Daems


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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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