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Festival d'Avignon

14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 01:16
BHL: "LE THEATRE EUROPEEN, PLUS POLITIQUE QUE JAMAIS"

Sous l’égide de son président Jorge Semprun et de son principal instigateur, Daniel Benouin, directeur du Théâtre National de Nice, le Forum du Théâtre européen s’est ouvert au milieu de l’après-midi, dans l’amphithéâtre du Centre Universitaire Méditerranéen de Nice avec le très attendu compte-rendu de Bernard Henri-Lévy sur la situation du théâtre en Europe.

Après les discours d’accueil et de remerciements de circonstance formulés par Semprun, Bénouin et le maire de Nice, Christian Estrosi, qui rappela le patronage de Nicolas Sarkozy sur cet événement, la prestation de brillant orateur de BHL pouvait commencer.


« Exercice de synthèse hautement compliqué » souligna l’intéressé, choisi pour sa parfaite objectivité car n’appartenant à aucune famille de théâtre en particulier. Il s’agissait de lire trente-trois rapports rédigés par des critiques de théâtres européens, chacun digne représentant  de son pays. « En l’espace de quarante-huit heures » a précisé BHL qui s’autocongratulait en souriant pour l’exploit relevé.

En cinquante-cinq minutes à faire pâlir d’envie un universitaire chevronné, BHL, dans un discours accessible, a mis en lumière sept aspects-clés concernant le théâtre et la vie politique en Europe,

Première remarque, il n’y a pas de société démocratique sans théâtre.

Seconde remarque, il faut surtout comprendre cette situation du théâtre en Europe comme très diversifiée et notamment avec son rapport à l’argent. Du Portugal où le théâtre a très peu d’argent aux Pays-Bas où la situation est inversée, on se trouve confronté à plusieurs problématiques. D’où provient l’argent ? De l’Etat (Géorgie, Serbie, Croatie), de sources mixtes (France, Allemagne).

Troisième point, il faut souligner l’action continue des hommes de théâtre et de leurs œuvres sur la vie politique. En France, on assiste ainsi au retour du théâtre politique. En Irlande, le théâtre est dominé par les grandes questions politiques telles que le terrorisme. La question politique au quotidien est également mise en scène par exemple avec le travail en particulier d’une troupe finlandaise et sa pièce sur la vie municipale. Les trente-trois rapports n’oublient pas de souligner l’activité de divertissement du théâtre mais la dominante semble être à la reconduction d’un « très vieux pacte grec » réunissant l’instruction publique, la politique et le théâtre.

Quatrième point, le théâtre disparaît dans les régimes totalitaires. On l’a vu sous la Révolution Française où la liberté absolue de théâtre (acquise en janvier 1791) s’est muée en une surveillance et une interdiction totale pendant l’été 1793. Même exemple avec la Géorgie où la première chose qui renaît dans Gori (ville emblématique où naquit Staline et qui fut la cible des forces russes en août dernier), ville fantôme, c’est la formation de troupes de théâtre.

Cinquième point, ce qui frappe à la lecture de ces rapports, c’est qu’on a de moins en moins affaire avec l’illusion mais bien plus avec la réalité. BHL prend alors l’exemple de la troupe Rimini Protokol qui va choisir jusqu’au casting des gens avec leurs propres identités, biographies pour agir comme des comédiens. Ce geste qui consiste à réinjecter du réel peut être interprété comme un acte de rébellion par rapport à la vie moderne.

En sixième remarque, BHL souligne le retour à une forme de classicisme dans le processus scénique, comme pour répondre à la folie d’Internet qui nous plonge dans « l’immédiation ». Antibarbare est alors le retour au livre.

Enfin, BHL pose la question suivante : pourquoi autant d’argent pour un art moribond, qui n’est plus un art de « masse » ? La réponse semble finalement être dans la question : le théâtre est cet acte magnifique de liberté absolue.

A la fin de cet exposé, l’assistance reste éblouie par la forme brillante du discours et sa dimension oratoire très forte. Le fonds se révèle plus discutable et certains hommes de théâtre ne vont pas hésiter s’avouer consternés par la trop grande rapidité dans laquelle ce travail de synthèse a été réalisé. Dans l’avion du matin, on avait en effet surpris BHL surlignant encore ses textes avec ardeur…

Mais cette intervention a eu cependant le mérite d’ouvrir la réflexion de cette assemblée pour le moins variée, car composée de comédiens, metteurs en scènes, philosophes, historiens, critiques de théâtre de tous les horizons d’Europe.

Laetitia HEURTEAU (Nice)


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Published by Laetitia HEURTEAU - dans Actualités & coulisses
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