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Festival d'Avignon

14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 01:29
CRISS EXISTENTIELLE

Ce Simon Labrosse de la Québécoise Carole Fréchette est l’un de ses textes les plus drôles, mais aussi l’un des plus angoissés. La compagnie Aberratio Mentalis l’a bien compris et ne néglige aucune de ses facettes. Un texte poétique et enlevé, des comédiens très inspirés.

Quand le blues de la bourse nous prend, quand les taux d'intérêts ont fini de nous intéresser, on aimerait bien pouvoir oublier le chômage, les plans de rigueur... C'est dans cet état d'esprit que Simon Labrosse vient nous présenter son spectacle qu’il interprète avec ses amis Léo et Nathalie. Sans emploi mais plein de bonne volonté, Simon a décidé de s'en sortir. D'où son idée d'écrire une pièce sur sept jours de sa vie, d'où aussi tous ces petits boulots étranges qui sont censés lui rapporter de l'argent: finisseur de phrase ou encore flatteur d'égo.
"De toute mes pièces, Les Sept jours de Simon Labrosse est la seule que j'ai crue liée à une conjoncture précise, celle de la mini crise économique du début des années 1990". Près de vingt ans plus tard, le texte de Carole Fréchette brosse toujours aussi bien l'angoisse de l'individu face à la pression sociale. Pour payer son loyer, Simon va faire ce qu'il sait faire, parler, deviner, raconter, inventer...


L’ouvrir ou la fermer

Les personnages de Carole Fréchette ont souvent un handicap lié à la parole ou à la pensée. Léo, par exemple, a reçu une brique sur la tête et, depuis, ne peut plus prononcer de mots positifs. Alors il écrit des poèmes sombres et malades. Nathalie de son côté, obsédée par son propre corps, prend des cours de bouche, pour savoir "l'ouvrir ou la fermer". Et puis il y a Simon, las d’être seul avec ses mots et ses pensées et qui s'inquiète de ne rien visualiser quand il pense au mot "avenir". La fantaisie est omniprésente dans l'univers de Simon Labrosse, l'humour aussi, mais également un fond de noirceur, comme en témoigne la lente progression de Simon d'un optimisme béat à un désenchantement alcoolisé.

La plume de Carole Fréchette virevolte, de jeux de mots en situations cocasses, de pensées profondes en observations du quotidien que les acteurs prennent un plaisir évident à jouer. Cédric Revollon est aussi à l'aise, voire touchant, quand Simon rit que quand Simon pleure. Hervé Laudière incarne un Léo écœuré de tout et surtout du fait même d'être écœuré, et Léonore Chaix, tour à tour coincée, décérébrée et mystérieuse Nathalie, assume son rôle de pourvoyeur principal d'humour en jouant sur son côté bimbo. La mise en scène de Claude Viala éclaire la fantaisie du texte de Fréchette, laissant les mots diriger les comédiens. Si le décor se fait minimaliste, la musique de Sanseverino est parfois tapageuse. Le choix d'accompagner les aventures de Simon avec un son punk laisse parfois sceptique, le message "no future" n'étant pas vraiment celui que Carole Fréchette délivre en conclusion. En effet, abandonnés par la société, Nathalie, Léo et Simon gardent toujours l'espoir de s'en sortir, grâce aux mots, capables de colmater le vide des existences les plus dérisoires. Celle de Simon Labrosse mérite qu’on s’y intéresse, car c’est un peu la nôtre.

Morgan LE MOULLAC (Paris)

Les Sept jours de Simon Labrosse
De Carole Fréchette
Mise en scène de Claude Viala
Musique de Sanseverino
Scénographie de Loïc Loeiz Hamon
Lumières de Jacques Dilmi
Avec : Léonore Chaix, Hervé Laudière, Cédric Revollon

Au théâtre de l’opprimé, 78 rue de Charolais Paris 12e
Du 19 novembre au 28 décembre
Mercredi au samedi 20h30 et dimanche à 17h.

Crédit Photo : Loïc Loeiz Hamon

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Published by Morgan LE MOULLAC - dans À Paris 2008-09
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