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Festival d'Avignon

14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 15:39
LES HÉRITIERS DÉSHÉRITÉS

Le polonais Teatr Cinema propose des spectacles muets dans lesquels évoluent des personnages aux frontières de l’étrange, du burlesque, de l’absurde. Les gens se croisent, se confrontent un peu, cohabitent mécaniquement, dérégulent le quotidien.

Un ensemble considérable de référents surgit à la vision du spectacle concocté par Zbigniew Szumski, héritier de bien des formes artistiques. Le décor a des réminiscences de Chirico. Les protagonistes laissent un moment planer l’ombre de Francis Bacon, avant de déboucher dans un univers quasiment signé Magritte. Leur comportement s’apparente à celui des héros de films muets comme Buster Keaton, Max Linder ou Harold Lloyd mais aussi à ces silhouettes qui ont hanté le théâtre de Kantor. L’ensemble laisse aussi planer un univers à la Kafka.


Des personnages déambulent dans des lieux vides. Ils passent, repassent, se dépassent, s’espacent. Leurs gestes sont décalés. Aucun mouvement ne semble correspondre à une fonction usuelle. Chacun est à la fois mécanique et impulsif. Souvent il est répétitif, comme un tic, comme un t.o.c. Pourtant rien n’indique que nous sommes chez des malades mentaux.

Les objets eux-mêmes deviennent autres. Leur utilité sort de l’usage commun tout en en conservant une infime parcelle. Ils sont métamorphosés. Ils deviennent rescapés d’une brocante surréaliste. Ils chavirent du côté des jeux d’enfants lorsque ceux-ci changent la dénomination d’une chose, lui affecte une destination à laquelle elle n’était nullement destinée.

Ce qui se déroule ne semble pas inadapté mais différent. Les individus, de noir vêtu, ont des comportements d’êtres en train d’investir des espaces, d’y trouver des repères, d’y installer des présences, les leurs. Néanmoins, personne ne s'établit là où il donnait l’impression d’avoir choisi de s’implanter. Chacun demeure nomade, erratique, déboussolé. Et la sarabande se poursuit sans trouver de réelle évolution.

Les trouvailles corporelles ont beau être innombrables, elles finissent par lasser. Les actions restent sans but perceptible. L’action s’enlise car son fil conducteur est flottant. Alors s’impose l’impression d’un théâtre vieillot, désuet, qui fut, un temps, la marque d’une certaine avant-garde dans les ex-pays de l’Est mais ne surprend plus guère. Cet « Albert Lux », franchement, est éteint.

Michel VOITURIER (Lille)

Vu les 5 et 6 décembre à la rose des Vents de Villeneuve d’Ascq à l’occasion du festival Next 001 ( www.eurofestival.com )

Albert Lux
Mise en scène, scénographie, lumière, son : Zbigniew Szumski
Distribution  : Malgorzata Walas-Antoniello, Pawel Adamski, Wlodzimierz Dyla, Jan Kochanowski, Tadeusz Rybicki, Dariusz Skibinski

Production : Teatr Cinema/Centrum Kultury Teatr Grudziadz.

Photo © DR

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Published by Michel VOITURIER - dans En Région 2008-09
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