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Festival d'Avignon

14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 15:47
ENTRE CANULAR ET MISE EN ABYME

Inspiré par des essais de Vilèm Flusser ( dont « Les Gestes »), l’événement engendré par Juan Dominguez est de ceux dont on sort irrité ou emballé. Il est basé sur un constat simple : les gestes accomplis ne correspondent pas à ce qui est dit ni même nécessairement à ce qui est vu.

Lorsqu’un public est invité par un créateur à revivre la création d’un spectacle telle qu’elle eut lieu quelques dizaines d’années auparavant, ce public est curieux de comparer le présent avec le passé. Lorsqu’il apprend que ce présent au sein duquel il se trouve, assis face à une scène, est, en réalité (?), un jour de décembre 2038, il commence à se demander où est le vrai, où est le faux et ce qui peut bien distinguer l’un de l’autre.


Il en sera ainsi durant cinquante minutes. C’est-à-dire le temps d’une représentation qui ne cesse de se mettre en abyme puisqu’elle s’avère aussi être l’histoire de la genèse de la pièce, l’autobiographie supposée de l’auteur-narrateur-metteur en scène soi même. C’est une navette incessante entre ce qui se passe, ce qui est dit à propos de ce qui se passe, ce qui est accompli à partir de ce qui se passe et se dit, ce qui se voit et ce qui s’entend, ce qui est vérité et ce qui est affabulation. Et surtout entre l’image de ce que l’on voit et le concret de ce qu’elle était sensée montrer.

Cela paraît probablement très complexe. Mais, puisque tout cela est épicé d’humour, d’autodérision, de gags visuels, de prise de distance tant avec l’espace qu’avec le temps, l’ensemble devient assez vite évident pour ceux qui s’abandonnent, apprécient tel trait d’esprit ou telle pirouette absurde. Les autres ne retiendront sans doute que, une fois le processus entamé, il ne se renouvelle pas de manière suffisamment inventive (hormis la surprise finale) pour qu’ils se sentent concernés alors qu’ils ont la désagréable impression d’avoir été bernés.

Les uns et les autres ont raison. Ce à quoi ils ont assisté dépend en tout et pour tout de leur statut assumé ou non de spectateur incité à s’interroger sur le rôle effectif qu’il joue après avoir payé sa place et s’être installé dans un des fauteuils d’une salle.

Michel VOITURIER (Lille)
 

Vu le 6 décembre 2008 à l’Espace Pier Paolo Pasolini de Valenciennes à l’occasion du festival Next 001 ( www.nextfestival.eu )

Tous les bons artistes de mon âge sont morts
Concept, direction, performance : Juan Dominguez
Inspiré par : Vilèm Flusser (« Les Gestes », éd. Hors Commerce, 1999)
Distribution : Juan Dominguez, figurants en alternance
Musique : A Chorus Line
Traduction : Lucho López

Production : Juan Domínguez - Subsistances, Laboratoire de Création Artistique

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Published by Michel VOITURIER - dans En Région 2008-09
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