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Festival d'Avignon

15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 14:47
TRISTE BOUFFONNERIE

Fantasio c'est le personnage désenchanté sorti de l'esprit schizophrène de Musset, un esprit fraîchement désabusé, joyeusement mélancolique, qui se fait bouffon pour tromper son ennui. Une figure romantique, ambivalente, nihiliste... en somme, contemporaine. Rien à voir avec le Fantasio désespérément fade qui anime la mise en scène «néo-conservatiste » de Denis Podalydès .

Fantasio sous les traits féminins de Cécile Brune. C’est la principale innovation que Denis Podalydès s’est permise pour la mise en scène du texte de Musset. Un jeune garçon à travers le visage d’une femme quadragénaire, le choix, intéressant, peut être pensé comme une sensibilisation au clivage originel du protagoniste, un esprit déjà usé dans un corps jeune, « le mois de mai sur les joues et le mois de janvier sur le cœur ».

Malheureusement, le jeu de Cécile Brune est aussi creux que le vide qui empoisonne notre héros blasé. Incapable de donner une voix à la souffrance qui hante la chair de Fantasio, la comédienne, non seulement reste en surface de la complexité du personnage, mais finit carrément par exaspérer. Ses minois nostalgiques inspirent l’indifférence, ses pointes cyniques laissent de marbre, ses envolées mélancoliques font soupirer. Le numéro de bouffon improvisé ne sauve pas la mise : la subtilité de l’imposture se perd dans un jeu morose. On s’ennuie ferme à défaut d’être bouleversé par l’ennui existentiel de Fantasio.
Les autres dindons de la farce ne sont pas plus convaincants : Florence Viala (Elsbeth) pense nous faire sourire en multipliant des airs de gourde mais nous accable de superficialité, les joyeux compagnons de Fantasio nous imposent un texte déclamé monocorde et insipide.
Seul le Prince de Mantoue, véritable bouffon de l’affaire, (C. Hervieu-Léger) égaye franchement mais brièvement l’intrigue.
 
La production dans son ensemble donne le sentiment d’un bricolage soigné, du contemporain frelaté qui essaierait de nous faire croire par quelques effets modernisants que la mise en scène est nouvelle. Ni une vidéo super 8, ni les costumes de Christian Lacroix ne parviennent à nous donner un nouveau regard sur la pièce. Ils participent bien au contraire à un univers artificiel, proprement inauthentique, du théâtre du théâtre, bien loin de l’effort du contemporain capable de transmettre la valeur intemporelle d’un texte de qualité. On n’espérait autre chose de Podalydès que de suivre la politique de La Comédie française, qui au nom de la tradition sombre bien souvent dans « un théâtre paillette » bien pensant, esthétiquement correct, émotionnellement nul.

Elsa ASSOUN (Paris)

Fantasio
Texte : Alfred de Musset
Mise en scène : Denis Podalydès
Avec Cécile Brune, Claude Mathieu, Christian Blanc, Florence Viala, Guillaume Galienne, Clément Hervieu-Léger, Adrien Gamba-Gontard
Dramaturgie : Emmanuel Bourdieu
Décor : Eric Ruf
Lumières : Stéphanie Daniel
Costumes : Christian Lacroix

A La Comédie-Française Salle Richelieu du 18 septembre 2008 au 15 mars 2009
                                     
Photo © Cosimo Mirco Magliocca

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Published by Elsa ASSOUN - dans À Paris 2008-09
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commentaires

Gluthom-Jean 07/03/2009 16:29

Je me suis retrouvé presque par hasard à cette pièce hier soir, en compagnie d'une de mes fraîches et fraîches conquêtes. Je vous avoue, je me suis fait chier ferme. Je travaille à côté de la Comédie Française depuis plus de deux ans, et je n'avais encore jamais pris le temps de me rendre dans ce sanctuaire.La raison d'un tel fiasco.. un manque évident de travail et de préparation. Les costumes, les acteurs, tout le reste était bien.

sarahvillard 01/01/2009 13:32

Ben on se demande pourquoi vous perdez votre temps à écrire pompeusement, longuement, soporiphiquement, faussement intelligemment... et surtout méchament sur ce spectacle s'il vous a tant déplu....vous semblez avoir une vision contemporaine complexe et éclairée de la pièce : mettez-la donc en scène au lieu de casser gratuitement ceux qui agissent travaillent et proposent. sachez que nous n'avons pas vu le même spectacle : la salle était comble et le public ravi de la mise en scène dse décors des costumes des acteurs ... et ne vous en déplaise c'est toujours complet. heureusement que le théâtre est fait pour le public et non pour les "critiques"....

sabine.durand77 28/12/2008 16:38

Comment peut-on se permettre d'écrire sur le théâtre quand on aime aussi peu les comédiens? Ne pas être capable de reconnaître Guillaume Gallienne en Prince de Mantoue : c'est un manque absolu de professionnalisme et la preuve d'un désintérêt total pour ceux sur qui vous écrivez. Désintérêt qui tourne au mépris quand vous taxez Florence Viala de superficialité. Quant à votre paragraphe sur le jeu de Cécile Brune, il me fait simplement penser à une citation de Paul Valéry : "Il y a des critiques qui ne demeurent "critique" que le temps de n'avoir pas réfléchi."

Graziani 28/12/2008 11:30

Pour un site qui se veut le site du " quotidien du spectacle vivant", la critique est plutôt moribonde. C'est une critique qui donne l'impression que quoi que l'on fasse, on aura tout faux. On est à Paris; on est habillé par Christian Lacroix, on est mis en scène par Podalydès, trop de "paillettes" là-dedans? C'est consternant de ne voir que ça et de rejouer à l'infini la querelle Paris/Province, le seul théâtre qui existe n'est pas qu'en Avignon. Il y a des scènes partout où il y a un public en quête d'émotions, c'est le seul message du spectacle vivant, en dehors de tout parisiannisme et de toute intellectualisation. Relisez-donc Musset, il savait ce qu'était être vivant, y compris schizophrène, y compris malheureux, y compris jouisseur. Ce Fantasio-là est une femme, dont la voix sert à merveille la gravité dont se parent les jeunes gens qui se donnent des airs d'hommes. Vous aviez le mois de janvier dans le coeur lorsque vous avez écrit votre critique, au risque de manquer de vigilance. En effet, lorsque l'on trempe sa plume dans le curare, il faut se garder de la moindre erreur, sous peine que celle-ci fasse perdre de son pouvoir délibérément corrosif. Apprenez que le Prince de Mantoue est joué par Guillaume Galienne et que les fautes d'orthographe déforment un propos qui se veut pourtant sophistiqué. Le théâtre est un jeu, madame Assoun, le théâtre est joué, c'est pour ça qu'il est vivant, ici comme ailleurs. Et une critique qui ne propose rien mais détruit tout , n'est qu'un pamphlet gratuit aveuglé d'auto-suffisance.

Chronique Fraîche