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Festival d'Avignon

15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 20:29
UN PASSE RECOMPOSE

Curieux objet de théâtre que celui que nous proposa Corneille quand, à l’âge de trente ans,  il écrivit « L’Illusion comique », tout juste avant Le Cid. Galin Stoev qui vient occuper le plateau de la salle Richelieu de la Comédie Française, orchestre une mise en scène aussi insolente que l’œuvre de Corneille.

Un onirisme brutal, où les frontières « tragédie et comédie » se superposent de manière volontairement appuyée, envahit la grande salle de la Comédie Française.

Le jeu très enjoué des comédiens dès les premières scènes crée paradoxalement une tension dramatique particulière. La complicité affichée entre le personnage du fanfaron Matamore (génial Podalydès !) et de son pseudo valet (Loïc Corbery) va brouiller les pistes pendant quelques temps car il intervient après un premier acte sombre, dépouillé et même déroutant.

On se dit alors que derrière ces premières scènes de vaudeville et de marivaudage de l’acte II entre Matamore, la reine et Clindor, se joue un sous-texte bien plus préoccupant. Il prendra alors une tournure brutalement tragique à l’acte IV. Les thématiques et même parfois les élans lyriques du Cid sont ici en germes.

Espace labyrinthique et dédale intérieur

On est alors surpris d’imaginer que le V° acte, qui fait l’apologie du théâtre et remet toute la pièce en perspective, ait été très souvent supprimé des mises en scènes précédentes, de même que l’acte I. Ces deux actes qui encadrent le récit, retrouvent ici tout leur sens original. Mais Stoev va plus loin en proposant ce brouillage de tons et de jeu de la part des comédiens tout en composant un espace volontairement labyrinthique et tourmenté.

Sur le sol brillant où se reflète le moindre mouvement des comédiens, est posé un décor issu de l’univers du cauchemar, sombre, tentaculaire et en même temps rendu transparent par la présence de vitres. L’espace est comme confiné, tout en proposant une sorte de dédale intérieur que le public peut interpréter de mille et une manières.

Comme dans un rêve étouffant, les personnages (interprétés par les mêmes comédiens qui transforment parfois très légèrement la voix ou enfilent un chandail) changent de noms mais pas de visages et font coexister plusieurs univers parallèles. La confusion ainsi créée est parfois un peu trop soulignée et tombe dans le travers de créer une sorte de diversion de l’attention du public par rapport au texte. Mais certains gestes ne sont pas du tout gratuits (le jeu de l’héroïne avec sa perruque, le fait que les personnages se dépouillent de leurs habits).

S’il faut faire le deuil des beaux costumes classiques du XVII° siècle, c’est finalement mieux accepter cette perte de repères spacio-temporels que crée ici Stoev . Comme le personnage de Pridamant, le père de Clindor, le public se retrouve ici à la merci du mage (Hervé Pierre, toujours impeccable) et du metteur en scène.

Laetitia HEURTEAU (Paris)

« L’Illusion comique », comédie en cinq actes de Corneille
Nouvelle mise en scène de Galin Stoev
Avec Alain Lenglet, Denis Podalydès, Julie Sicard, Loïc Corbery, Hervé Pierre, Adrien Gamba-Gontard, Judith Chemla

Assistante à la mise en scène : Josepha Micard
Scénographie et costumes : Saskia Louwaard et Katrijn Baeten
Lumières : Bruno Marsol
Musique originale : Sacha Carlson
Environnement sonore : Daniel Léon

Représentations Salle Richelieu, matinées à 14h, soirées à 20h30
Prix des places de 5€ à 37€
Renseignements et location : tous les jours de 13h à 18h aux guichets du théâtre et par téléphone au 0825101680 ou sur le site : www.comedie-francaise.fr

Comédie Française Salle Richelieu
Place Colette
75001 Paris

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Published by Laetitia HEURTEAU - dans À Paris 2008-09
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commentaires

Sarah 22/12/2008 14:29

Merci pour cette information qui me fait un parfait complément de ce que j'ai pu lire ici http://www.laboiteasorties.com/2008/12/sobre-illusion-comique-a-la-comedie-francaise/

Chronique Fraîche