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Festival d'Avignon

17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 16:38

L’INQUIETUDE DE JORGE SEMPRUN

 

Un air de dénouement se faisait déjà ressentir en ce samedi 13 décembre à Nice et ce malgré l’animation de plus en plus nourrie de certains débats. La veille au soir, nous avions assisté à la représentation de Nostalgie, interprétée par la troupe de l’Arab-Hebrew Theatre, d’Israël. Un entremêlement attachant d’histoires et de personnages autour de l’arrivée en « terre promise ».

 

Samedi matin donc, Bernard Murat, directeur du théâtre d’Edouard VII à Paris, a évoqué pendant plus de quarante minutes la situation du théâtre privé en France. Son combat pour « faire marcher la boutique », avec ses 230 000 spectateurs annuels et ses 120 représentations en moyenne par spectacle. Mais certains lui ont reproché de ne pas étendre sa réflexion à la dimension européenne. Nicolas Auboyneau, directeur des spectacles à France 2 a promis d’étendre les offres de prochains spectacles sur sa chaîne, forte du succès des pièces de Guitry diffusées en prime time et en direct sur France 2. Thierry Pariente, le délégué du Théâtre au Ministère de la Culture et de la Communication, écoutant attentivement le débat, a admis que les financements politiques étaient trop morcelés concernant le théâtre et qu’il allait falloir songer à réinvestir autrement.



L’après-midi, le débat sur « les nouveaux pouvoirs du théâtre, les nouveaux pouvoirs sur le théâtre » débuta avec Marc Lambron évoquant son expérience de critique de théâtre. Mais cette évocation franco-française de son initiation au théâtre (« terrier magique vers l’imaginaire ») a mécontenté les participants non français. Certains mêmes s’insurgèrent alors contre la tonalité franco-française trop appuyée de certaines interventions, mais aussi contre cette Europe ici bien mal représentée.

 

Le ton commença à s’échauffer nettement quand Robert Abirached, écrivain, critique dramatique et universitaire, fut interrompu dans son exposé sur le fait que le théâtre n’est plus au centre de la cité, par le journaliste et critique allemand  Peter Von Becker estimant que le temps de parole était clairement dépassé. On releva alors, dans ce flot de discours pluriels et parfois énigmatiques, le témoignage émouvant d’une journaliste moldave qui tenait à relativiser l’indignation générale des hommes de théâtre de l’Ouest européen : « en Moldavie, dans le théâtre Eugène Ionesco, on essaie de vivre dans cette agressivité ambiante de l’Etat contre le théâtre, dans cette société qui a perdu tous ses repères. Et si notre Etat ne finance rien, je vous assure qu’on essaie malgré tout de faire du bon travail ! »

 

Le soir, une représentation décoiffante de L’Orestie d’Eschyle par la troupe ouzbèke Ilkhom vint réveiller les participants du Forum qui sortaient alors d’un copieux buffet dînatoire au Palais Préfectoral de Nice. A noter au passage que la municipalité de Nice, pendant ces quatre jours, s’est mise en quatre justement pour recevoir ses invités, tous horizons confondus. Comme pour mieux prouver qu’à Nice, pouvoir et théâtre entretiennent des relations privilégiées.

 

Le dimanche matin, après les interventions des rapporteurs des débats précédemment évoqués, Jorge Semprun clôtura le forum dans l’amphithéâtre (qui avait accueilli Bernard-Henri Lévy quatre jours auparavant) en insistant sur le fait que le théâtre n’est pas une plateforme pour la révolution, mais doit rester avant tout un lieu de réflexion. L'écrivain eut cependant l’audace, face à une municipalité niçoise fortement UMP, de s’interroger sur ce nouveau pouvoir mis en place récemment en France, qu’il a qualifié lui-même de « nouveau bonapartisme, voire césarisme. »

 

Laetitia HEURTEAU (Nice)

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Published by Laetitia HEURTEAU - dans Actualités & coulisses
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commentaires

Buan 20/12/2008 14:26

ce qu'on pourrait aussi reproché à Bernard Murat, c'est de jouer perso.  quand la télé retransmet une pièce jouée dans son théâtre privé, elle permet à des millions de téléspectateurs de voir une pièce ; dans une logique de salle de théâtre c'est un nombre incroyable. et pour rester dans une logique de salle de théâtre il aurait été ethiquement correct que l'ragent de la télé soit utilisé pour faire fonctionner des salles de théâtr, ex : ces petites salles qui ont du mal à survivre.non, au lieu de cela, Murat empoche l'argent et joue les artistes. quand à la télé, si elle s'imagine qu'en diffusant "oscar" avec Tapie c'est diffuser de la culture...  ça fait froid dans le dos. 

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