Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 14:48
LE SILENCE EST D’OR

Mené par six comédiens qui réalisent pourtant un sans-faute, ce florilège de situations avec pour fil rouge la Camarde ne convainc que très partiellement à cause d’une flagrante et trop fréquente vacuité textuelle.

Voilà l’exemple même du spectacle qu’on aimerait adorer mais qui se révèle hélas un grand moment de théâtre raté, comme il y a des films dont on regrette, en dépit de leur immense potentiel, l’âpre impression de gâchis qu’ils laissent en mémoire.


Tout semble pourtant converger vers le prix d’excellence. Six comédiens formidables d’énergie, de puissance de jeu, au talent protéiforme et dont les performances doivent être saluées collectivement, leur cohésion étant totale.

Quatorze saynètes s’enchaînent. Construction qui par excellence induit rythme et énergie. Les personnages, plus d’une trentaine, oscillent entre loufoquerie surréaliste et absurdité existentielle avec une bonne dose de dépravation comportementale, de l’inceste au mercantilisme nécrophage, le tout dans des situations déjà bien frappadingues.

Des personnages en quête d’auteur

La mise en scène emprunte au music-hall, au cirque, au mime, au théâtre. Tout y passe. Tout et surtout trop. Cet éclatement du dispositif scénographique finit par lasser car il n’est hélas pas toujours relayé par une qualité du texte et une bonne gestion du temps.

On pourra effectivement rire de bon cœur à l’estourbissement d’une chanteuse automate à la vulgarité jubilatoire qui ouvre le spectacle. C’est court, bref, absurde et surtout très drôle car parfaitement calibré. Idem pour un détournement assez réussi des aventures de Guignol. Malheureusement tout n’est pas à l’avenant, loin s’en faut. Car si certains sketches constituent d’excellents moments, les plus longs ne sont en revanche jamais les meilleurs. Et de manière générale, plus le texte est fourni, moins il est amusant. Ainsi cette histoire de détective privé, privée surtout de drôlerie, longue comme une enquête qui piétine. A l'instar de cette saynète où trois hurluberlus croient se connaître mais ne se connaissent pas et qui n’est qu’un plagiat éhonté et forcément beaucoup moins drôle d’un sketch de Roland Dubillard.

D’une manière générale, ces personnages en quête d’auteur ont de toute évidence réussi dans la partie muette de leur spectacle ce qu’ils ont loupé dès qu’il s’agissait de défendre un texte hélas plus pompeux que funèbre. Le silence est d’or dit le proverbe. A double titre, ce spectacle beaucoup trop long ayant, ce soir du 16 décembre en tout cas, été perturbé de manière itérative par des bavardages intempestifs de spectateurs probablement loin d’imaginer que l’achat de leur place ne leur donnait pas l’accès à toutes les incivilités…

Dommage. A plus d’un titre…

Franck BORTELLE (Paris)

 
Ecrit et mis en scène par Olivier Benaddi

Avec Anaïs Fabre, Rosabelle Forzy, Camille Champagne, Cédric Le Gallo, Nicolas De Canteloube et Olivier Benaddi.

Décors : Patrick Lalanne – Costumes : Clémentine Monsaingeon

Du 8 décembre 2008 au 20 janvier 2009
Les lundis et mardis à 21 heures
Théâtre de Nesle

8, rue de Nesle 75006 Paris – M° Odéon

Location : 01.46.34.61.04

www.onvatousmourir.com

Partager cet article

Repost 0
Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche