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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 15:54
LE BEL INVENTAIRE QUE VOILA

Près de deux heures durant, son timbre vocal à la Nougaro doublé d’une indiscutable élégance scénique hypnotise un public à sa cause acquise. Immense interprète de Prévert depuis des années, Jean Guidoni consacre au poète un complet tour de chant où la noirceur s’invite sous une ironie mordante saupoudrée du surréalisme.

Avec la simplicité des grands, Guidoni arrive sur une scène meublée seulement des instruments de ses musiciens et éclairée dans des tons à dominantes rouge et bleu. Les émanations de fumée qui le précèdent et qui « starifient » celui qui va débouler sur la scène ne trompent personne et semblent déjà un clin d’œil goguenard du chanteur à ce show-biz où depuis toujours sa place n’est guère sous les flashs des photographes et moins encore dans les pages des tabloïds.


Avec l’élégance du dandy, complet noir du meilleur (parce que du plus simple) goût, il donne immédiatement le ton. L’univers de Jacques Prévert qu’il connaît sur le bout des vers sera ici décliné dans son acception la plus noire, les titres choisis résonnant résolument du côté de la mort, des réprouvés, de la guerre, du meurtre. Cet univers des rues coupe-gorges que Prévert immortalisa avec ses scénarios des films de Renoir et Carné à l’époque du réalisme poétique, âge d’or du cinéma français.

Sous la noirceur, le rire

Mais Guidoni n’a pas la veine tragique abrupte de l’écorché vif qui prend le spectateur pour un déversoir de ses névroses. A cela, il colle au plus près avec l’auteur de « Barbara » qui vous fera rire en évoquant la famine  («Grasse matinée ») comme pour vous dire que la faim n’est pas la fin et que la vie, notre seul luxe ici-bas cher à Brassens, continue c(r)oûte que c(r)oûte. Le tour de chant se tourne donc résolument vers l’humour - forcément décalé, parfois grinçant- et la plaisanterie. Les mélodies, dont il faut souligner l’éclectisme, existent sans dénaturer le texte, ce qui constitue un vrai gage du talent des compositeurs, la versification de Prévert, tout en  ruptures, ne se prêtant pas si aisément que ça à une mise en musique. Le chanteur, de sa voix grave, parfois caverneuse, proche de Nougaro, s’approprie tout cela avec une confondante aisance et diablement expressionnisme.

Le jeu de scène ne se décline pas en chorégraphies endiablées outrancièrement théâtralisées mais les déplacements, moins improvisés qu’ils n’y paraissent, confèrent à cette prestation vocale impressionnante, à laquelle il convient d’associer les quatre musiciens, cette élégance infinie qui inscrit ce chanteur hors norme dans la droite ligne des Sheller, Nougaro et autres Souchon et Le Forestier. Un inventaire à lui tout seul.

Franck BORTELLE (Paris)

L’album  « Etranges étrangers » dont sont extraites la plupart des chansons de ce tour est en vente partout.

Jean Guidoni chante Prévert
Avec sur scène Fabrice Ravel-Chapuis, Manu Feramus, Serge Utgé-Royo, Julien Amédro

Durée : 1h50

Vu à l’Européen, Rue Biot, 75017 Paris

Photo : Anne-Marie PANIGADA

Tournée
Janvier : le 16 au Sabot d’Or à Saint Gilles (35), les 24 et 25 au Cadran à Evreux (27)
Février : les 5 et 6 à la Reine Blanche (Paris 18ème)
Mars : les 16 et 17 au Vingtième Théâtre (Paris 20ème), le 24 au  
Festival Le Quesnoy enChanteur(s) à Le Quesnoy (59), les 27 et 28 à la  
Salle des Rancy à Lyon (69)
Mai : le 14 au Théâtre d’Aurillac (15), le 13 ou 15 (à confirmer) à la  
Baie des Singes à Cournon (63)
Juin : le 16 à  Arras (62)

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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commentaires

Roland 04/01/2009 20:46

la revue lalalala.org trouve que  : "Guidoni pulvérise Prévert". J'aurais voir cela.

Franck BORTELLE 20/12/2008 23:04

Attention, je n'ai pas dit qu'ils avaient le même registre... Je trouve que leurs prestations scéniques et vocales sont de la même famille. Mais leurs registres textuels sont différents, c'est évident. Pas de risque, par ailleurs que je confonde leurs origines... Parole de Toulousain...

Eric C 20/12/2008 20:45

Bonjour., bien d'accord  cet album et spectacle sont magnifiques. Concerant Nougaro, Guidoni n'est pas du tout sur  le meme  registre. Bon il est originaire de Toulon et non pas Toulouuuuuuuuuse mais ca ne fait pas de lui un clone de Nougaro.

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