Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 22:39
L'AMOUR A MORT

Salle comble. Public fortement jeune et passionné. C'était il y a quelques jours au théâtre du Gyptis à Marseille où Françoise Chatôt présentait sa mise en scène des "Caprices de Marianne" d'Alfred de Musset. Une production pleine de surprises bientôt de retour sur les planches. Le romantisme qui traverse la pièce n'a rien perdu de sa vigueur et de son sens chez les jeunes de ce XXIe siècle naissant.

Pas mort le romantisme. Son vocabulaire peut-être, deux siècles après. Mais c'est bien une semblable désespérance à mordre pleinement sa vie qui explose dans ce monde toujours bordé par autant de réglementations que de préjugés. Françoise Chatôt, qui co-dirige le théâtre du Gyptis à Marseille, en fait une démonstration particulièrement pertinente dans sa mise en scène des "Caprices de Marianne" d'Alfred de Musset.


D'abord ce décor, cubiste et amovible. Il se transforme en deux ou trois pichenettes pour devenir place publique, ruelle ou villa bourgeoise. Les costumes restent discrets sur les dates ou l'époque. Et puis il y a ces séquences de musiques et danses hip hop que l'on pouvait craindre et qui s'intègrent joliment et renforcent le rythme déjà soutenu de la mise en scène. Elles viennent aussi rappeler que ces "Caprices" se développent sur fond de carnaval napolitain plein de masques, de mouvements et de surprises.

Ces partis pris scéniques fonctionnent avec bonheur à la langue directe de Musset. Les jeux de l'amour portent ici, sans pudeur, leur poids de mort. Coelio est déjà totalement désespéré lorsqu'il entre en scène. C'est un rêveur triste incapable de déclarer sa passion à la belle et toute jeune Marianne. Celle-ci reste encapuchonnée par son barbon de mari (Claudio) qui lui laisse comme seules sorties de se rendre aux Vêpres. Le noir domine. Octave est bien l'ami fidèle de Coelio mais comme son double inversé : un libertin convaincu, un noceur qui risque sa vie comme on joue à la roulette. On sait que le premier, Coelio, demande au second, Octave, d'intervenir pour lui auprès de Marianne....

Musset ne cache rien du drame qui se joue, de ces amours qui tournent mal. La scène où Hermia raconte à son fils Coelio cette aventure d'un  jeune et bel homme qui était fou d'elle et qui, éconduit, se suicida, est l'une des clés évidentes de la pièce. Françoise Chatôt réussit son pari de nous faire entendre cette parole toujours présente dans nos sociétés du XXIe siècle. D'autant mieux réussi qu'il est porté par des comédiens très percutants et des danseurs de talent.

Guillaume Clausse (Octave) jongle avec son personnage de façon remarquable. La voix et le corps épousent les variations troublantes de sa mascarade jusqu'au moment de la vérité. Grégoire Roger (Coelio) campe superbement cet homme blessé par nature. Un bémol quand même pour la belle Alice Belaïchi (Marianne) qui, l'autre soir, a mis du temps avant de trouver le ton juste de cette femme loin d'être soumise par son vieux mari. Et coup de chapeau aux danseurs.


Jean-Pierre BOURCIER (Paris)

"Les Caprices de Marianne"d’Alfred de Musset. La pièce créée en novembre-décembre dernier au Théâtre GYPTIS de Marseille, sera reprise dans les prochaines semaines et partira en tournée.

Mise en scène : Françoise Chatôt.
Chorégraphie : David Llari / Compagnie Sun of Shade.
Scénographie : Claude Lemaire.
Lumières : Roberto Venturi.
Costumes : Éliane Tondut.
Musiques : Dominique Viger.

Coproduction Compagnie Chatôt-Vouyoucas / Théâtre Gyptis
& Compagnie Sun of Shade / David Llari.


Avec Agnès Audiffren, Alice Belaïdi, Guillaume Clausse, Cathy Darietto, Pierre-François Doireau, Grégoire Roger, Philippe Séjourné et les danseurs Christophe Lepage, Fouad Mansouri et Nassir Moktari

Théâtre Gyptis 136, rue Loubon 13003 Marseille
Réservations 04 91 11 00 91
www.theatregyptis.comxa

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Pierre BOURCIER - dans À Paris 2008-09
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche