UN TEMPS DE PÉNITENCE
Autour et au-dedans d’un confessionnal, édicule vedette du spectacle, déambulent, se bousculent, pullulent, gesticulent curés ridicules et pénitents crédules. De quoi émoustiller les curieux
avides de croustillant, les partisans de la levée du secret de la confession.
Annoncé comme une émanation de l’ouvrage médiatique de Valentini et Di Meggio, « Sexe au confessionnal », ce spectacle se présente finalement comme un collage hétéroclite de monologues et de
petites anecdotes juxtaposées. Annoncé comme dénonçant une certaine hypocrisie judéo-chrétienne, il se contente de caricaturer timidement l’incroyable « Manuel secret des confesseurs » de
Monseigneur Bouvier, véritable petit document sociologique.
Dans ce défilé d’hommes de foi qui se sentent aux prises avec la tentation, de financier qui se voit emporté par la tourmente de la faillite du système néolibéral, d’une prostituée envahie de
vague à l’âme, il n’y a finalement que cette dernière qui tire son épingle du jeu. Son soliloque apporte un soupçon de sentiment à ce qui ne n’apparaît que comme une sorte de farce un peu
vide.
Car malgré la volonté de jouer sur un rythme de comédie burlesque, la gestuelle reste inaboutie, la parole prend le pas sur le visuel. Elle déferle, bavarde, souvent répétitive, serpentant sur
les bords de l’humour sans parvenir à devenir réellement drôle. Heureusement, quelques gags bienvenus relancent l’intérêt.
C’est le cas du confessionnal transformé en ascenseur, du curé qui se pend à son étole, des acrobaties bouffonnes d’un abbé, un baratin ecclésiastique forain, une course poursuite circulaire… Le
reste manque de corps. Les interprètes demeurent souvent en deçà de l’engagement physique que réclame le comique et leurs répliques tombent plutôt à plat.
Le propos ne parvient pas à devenir véritablement caustique. Il s’éternise aux frontières d’une sorte de café théâtre idéologiquement correct. Il ne se hausse pas jusqu’à une satire féroce des
tabous et des conditionnements pratiqués en vue d’une soumission des fidèles. Il puise davantage dans l’actualité éphémère et dans certains poncifs sans atteindre l’universalité de la
culpabilité, de l’attirance vers le plaisir et les interdits.
Michel VOITURIER (Lille)
Au Salon de Théâtre, 82 boulevard Gambetta à Tourcoing jusqu’au 18 janvier 2009 à 20h30 du mardi au vendredi, 15h30 et 20h30 le samedi, 15h30 le dimanche. (00 33 (0)320 27 13 63 – 00 32
(0)56 860 164 -
www.lavirgule.com )
Texte : Nicholas Elliott, Dominique Thomas
D’après Le Sexe au confessionnal de Roberto Valentini et Clara Di Meggio (Flammarion, 1992)
Mise en scène : Dominique Thomas assisté de Estelle Boukni
Distribution : Stefano Amori, Nicholas Elliott/Frédéric Barbe, Luca Lomazzi, Stéphanie Matthieu, Dominique Thomas
Musique : Erme Sevindik
Costumes : Léa Drouault
Décor : Dom Tom
Durée : 1h15
Production : Cie DéTé
Coproduction : Cie du grand Boube (L), le Tol (L), La Condition Publique (F)
Parole de lecteur