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Festival d'Avignon

13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 12:44
DES SOUVENIRS À S'INVENTER

Blessures du passé, ratages du présent. Edward est seul, sans amis, sans famille, sans amour et plutôt coincé côté sentiments. "Poor little rich man" : ce manque à combler, ce besoin impérieux de souvenirs à posséder, pour Edward, pauvre petit jeune homme riche, aurait pu s'intituler ainsi.

Il y a donc "Le Fils", Edward, et Eddy, "Le Père". Sauf que ce fils ayant renoncé à la quête du père qu'il n'a pas connu, s'en invente un - pour la mère, il verra après…- car, orphelin placé en institution, il n'a guère connu qu'indifférence et rejet.


Edward est un arbre sans racines, qui a grandi tout seul, mais dont les feuilles sont en forme de billets de banque. Il nous est montré au moment où jeune loup trentenaire riche et puissant, il éprouve cependant un manque cuisant, une nostalgie qui l'étreint au point de le décider à payer (grassement) un vieux comédien fauché pour lui servir de papa et pour, surtout, lui apporter les souvenirs d'une enfance qu'il n'a pas connue. Il apprendra que tout ne s'achète pas.

Sur la scène de la vie où s'arrête la comédie ?

Philippe Beheydt, jeune comédien, s'est récemment mis à l'écriture avec bonheur. Nominée au Prix de la Critique 2008, sa première pièce, À un jet de pierre de Pristina, était très dure, et différente de propos, quoique…

Ici encore, il est question de liens de famille. Présente ou absente, elle semble importante pour lui car voici qu'il en explore une autre facette. Il n'a pas voulu survoler son projet Recherche père désespérément.  À l'inverse de son héros, il a pris la peine d'en évaluer toutes les retombées possibles "parce que cela le vaut bien" et de, un tantinet bavard, risquer la longueur par une exploration fouillée de tous les aspects de cette relation parentale particulière.

On peut conclure que l'auteur persiste avec talent en signant une 2ème œuvre, qu'il met lui-même en scène, dans un sobre décor en forme de "cercle de famille" (ou cercle magique fait de sable…). La pièce souligne en passant à quel point un artiste digne de ce nom a du mal à tricher, à quel point chez lui "jeu" et "vraie vie" se confondent dans la même sincérité.

La démonstration nous en faite par l'excellent Jean-Paul Dermont/Eddy, présence écrasante à laquelle il faut le talent tout en subtilité d'Olivier Bony/Edward pour faire un digne contrepoids, belle complicité d'acteurs dans une rencontre où chacun doit apprivoiser l'autre.
Alors, qu'elle se concentre à outrance ou éclate, se recompose ou se décompose définitivement, la famille est décidément un sujet à l'honneur cette saison dans les créations belges, et particulièrement la relation père-fils, un sous-thème assez neuf.

Suzane VANINA (Bruxelles)

"Dans le secret de ma paume"
Texte, mise en scène : Philippe Beheydt, assisté de Elodie Wilbaux
Scénographie : Philippe Beheydt, assisté de Abigaïl Fowler
Interprétation : Olivier Bony, Jean-Paul Dermont
Lumière : Alexandre Manzanares
Costumes : Pierre-Jean Béray

Du 6 au 31 janvier 2009 au Théâtre du Méridien, Chaussée de la Hulpe 200 à Bruxelles (32(0)2.663.32.11 - www.theatredumeridien.be )

Photo © Jérôme Dejean


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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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