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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 18:21

VIVRE AVEC ET POUVOIR EN PARLER…


D’un texte très écrit dont il est l’auteur, Franck-Olivier Laferrère met en scène un duel à la loyale qui progressivement vire au duo entre deux personnages que tout sépare de prime abord. Sans artifice mais avec de jolies trouvailles de mise en scène, il offre un beau moment de théâtre, tout en finesse et humanisme.

 

Jeff, 60 ans, vit dans une confortable bâtisse méridionale mais surtout dans le souvenir de son amour fauché voilà quinze ans par le sida. Son seul lien avec le monde extérieur : des jeunes désœuvrés séropositifs qui viennent chez lui en pension pour se reconstruire, panser leur blessure, penser à autre chose. Ainsi, Louise, 20 ans, écorchée vive, l’insulte et la grossièreté à fleur de bouche, se refusant à tout compromis, persuadée que son mal lui obstrue tout avenir. Ces deux naufragés vont devoir cependant apprendre à se connaître. Le dialogue va s’installer.



La séparation n’est pas que matérialisée par un trait rageusement tiré à la craie sur le sol de la scène par Louise pour signifier à Jeff « défense d’entrer ». Fossé générationnel avec ce que cela induit d’incompréhensions, vécu respectif de Jeff accroché à son passé pour mieux vivre son futur et de Louise accusant son passé de ne lui offrir aucun avenir, barrière symbolique de la pudeur des sentiments : la séparation habite chaque élément du texte magnifique de Franck-Olivier Laferrère, jusqu’à celle, aussi inéluctable que la mort qui prive Jeff de son amour, qui marque la fin de la cohabitation de ces deux solitaires.


Tout ce qui sépare peut rassembler


La mise en scène, d’une précision métronomique, accentue ce sentiment de séparation avec une présentation des deux personnages sous forme de monologue, Jeff chez lui parlant à son amour défunt, Louise hurlant sa haine du monde dans un noir chaotique qui l’isole de tous. Progressivement les barrières s’estompent, aidant ces deux handicapés de l’amour à se réchauffer le cœur,  avec des détails aussi anodins qu’essentiels car réparateurs (un bon vin, une nourriture saine, l’effacement d’un maquillage outrancier et agressif). Mais il faut du temps pour cela. Des mois. Ils sont ici traduits par des interludes musicaux de toute beauté au cours desquels de simples gestes révèlent l’évolution des choses. Ces pauses où le temps s’accélère cadencent le propos, lui insufflant autant de rythme que de poésie.



Les deux comédiens sur scène s’emparent avec fougue et passion de ce noble terreau aux multiples registres langagiers. Quelques réglages restaient à prévoir le soir de la générale mais incontestablement ceux deux-là sont bons, bien dirigés, attachants et offrent une belle tranche d’humanité et d’humanisme dont regorge ce texte inspiré.


Franck BORTELLE (Paris)


Dramaturgie et scénographie par Franck-Olivier Laferrère

Direction d’acteurs : Sei Shiomi

Créations images : Séverine Bourguignon

Créations lumières : Philippe Laurendeau

Musique : Yann Laferrère

Costume et graphisme : Toxic Twin

Avec Héléna Soubeyrand et Jean-Claude Falet

www.myspace.com/suspendus

Théâtre de Nesle, 8 rue de Nesle, 75006 Paris (Métro : Odéon ou Pont-Neuf)

Réservations : 01 46 34 61 04

Du 7 janvier au 14 février 2009 du mercredi au samedi à 19h30

Durée : 1h15

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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